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L'actu avec recul

Boycottons les primaires !

Classé dans : Politique — 29 août, 2016 @ 3:36

C’est la mode du moment en politique. Les primaires, ce concept vaguement inspiré du système de désignation des candidats aux élections présidentielles américaines, se multiplient comme le chiendent. Après moult atermoiements, socialistes et écologistes réitèrent l’expérience de 2012. La droite a emboîté le pas, tout comme un collectif de 6 petits partis (Génération Citoyens, Cap 21, Nous Citoyens, La Transition, Bleu Blanc Zèbre et le Pacte Civique) et une plate-forme citoyenne, LaPrimaire.org. N’en jetez plus !

Vu l’importance du phénomène, un certain nombre de questions se posent quant à l’utilité et l’efficience de ces consultations. Le gagnant d’une primaire peut-il se présenter à coup sûr aux élections présidentielles ? Ces scrutins sont-ils fiables ? Est-ce que les primaires apportent au débat démocratique ? Réponses.

Gagner une primaire ne vaut pas être candidat aux présidentielles

Le code électoral est très clair. Pour être candidat aux élections présidentielles en France, il faut impérativement posséder la nationalité française, avoir plus de 18 ans, être électeur et éligible, avoir satisfait aux exigences du service national, et, surtout, avoir recueilli les signatures de 500 élus issus d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents. Vu la difficulté de satisfaire à ce dernier point, le gagnant de la primaire citoyenne, par exemple, a très peu de chance de pouvoir se présenter à l’élection suprême.

La fiabilité des scrutins n’est pas garantie

La loi française, si souvent prolixe, ne définit aucun cadre juridique concernant les primaires. Chaque organisateur est donc libre d’appliquer les règles qu’il souhaite. Les conditions pour s’y présenter ou pour voter, ainsi que les modalités de scrutin, dépendent de leur seule honnêteté. L’on peut espérer que les votes des participants soient respectés, mais rien n’est garanti.

Les primaires sont surtout des querelles de personnes

Pour illustrer ce phénomène, rien ne vaut cette phrase de David Cormand, secrétaire national d’EELV, rapportée par le journal Le Monde du 27 août : « le projet écolo fait consensus et il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre les candidats. Ce sera un choix de personnes… ».

Cette phrase vaut aussi, à entendre les candidats, à la primaire de droite. La donnée sera légèrement différente au parti socialiste puisque deux tendances devraient s’affronter, l’une de centre-droit, l’autre davantage héritière de François Mitterrand. Cependant, au moins 3 candidats devraient se partager les voix de ce deuxième courant (Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche). Bon courage pour les départager…

Enfin, sans faire leur faire injure, les deux autres primaires risquent fort de passer totalement inaperçues.

Moralité, comme disait La Fontaine : mieux vaut boycotter ces pseudos scrutins inutiles voire nuisibles à la démocratie.

Les cumulards se rebiffent

Classé dans : Politique — 18 août, 2016 @ 12:58

Qui a dit que les sénateurs dorment au palais du Luxembourg ? En tout cas, quelques uns d’entre eux se sont réveillés le 9 août, le temps de déposer trois propositions de loi enregistrées sous les numéros 816 à 818 par le bureau de la Haute Assemblée. Ces 3 propositions, dont 2 sont rédigées dans des termes parfaitement identiques, visent à rétablir le cumul des fonctions exécutives locales (maire, président de conseil départemental ou régional) avec le mandat de député ou de sénateur. La fin de ce cumul avait été votée en 2014 dans la douleur, au prix d’un parcours législatif de près d’un an. Cette mesure, plébiscitée par l’opinion publique, relève du bon sens : diriger une collectivité locale, c’est un boulot à plein temps, tout comme l’exercice du pouvoir législatif.

Mais il faut croire que le pouvoir peut être une drogue dure. De quoi ont peur les cumulards ? De perdre leur raison de vivre en quittant les feux de la rampe ? De ne pouvoir maintenir un train de vie auquel ils s’étaient habitués ? Toujours est-il que ces tristes sires se sont enfoncés dans une impasse antidémocratique qui sera sanctionnée par les électeurs, ne serait-ce que par l’abstention.

Piketty président, une idée pas si bête…

Classé dans : Politique — 8 août, 2016 @ 3:09

Piketty président, une idée pas si bête… dans Politique 3516415_3_41ce_thomas-piketty-economiste-a-l-assemblee_96f199bf89b03859696f0baba5abe2b6

Et qui fait son chemin. Paul Jorion, un ancien trader devenu essayiste, a lancé une pétition sur le site change.org https://www.change.org/p/piketty-ens-fr-thomas-piketty-pr%C3%A9sentez-vous-aux-pr%C3%A9sidentielles-de-2017  afin d’inciter l’économiste et chercheur en sciences sociales à se présenter aux prochaines élections présidentielles. Si cette pétition recueille pour l’heure moins de 2000 signatures, elle pourrait recueillir l’assentiment de très nombreux français, de gauche mais pas seulement. L’homme possède une stature et un charisme qui dépasse de loin les frontières hexagonales ; engagé politiquement  depuis les années 1990, il connaît et tutoie nombre de ministres actuellement au gouvernement mais aussi de l’actuelle opposition. De convictions affirmées sans être révolutionnaire, sa personne pourrait rassembler une grande partie de la gauche et même séduire certains centristes peu férus d’ultralibéralisme.

Toutefois, l’hypothèse de sa candidature reste peu probable. Si Piketty a soutenu publiquement l’organisation d’une primaire à gauche en vue de l’élection de 2017, il a pris soin de déclarer ne pas vouloir s’y  présenter ; de plus, les règles de l’élection, en particulier la nécessité de présenter 500 parrainages d’élus provenant d’au moins 30 départements différents représentent pour lui un frein car il n’est encarté nulle part aujourd’hui.  Enfin, s’il est une référence en matière économique et sociale dans tout le monde occidental, son appréhension des questions de sécurité et de citoyenneté, thèmes  centraux de la future campagne, reste une énigme. Cependant, au cas où il change d’avis, je suis certain qu’il saura s’entourer de personnalités compétentes, capables de l’aider à se forger une ossature intellectuelle cohérente sur ces sujets.

Il est en tout cas un des seuls pour qui je pourrai glisser un bulletin dans l’urne le 23 avril prochain.

2016 ou la fin de notre civilisation ?

Classé dans : Europe,Monde,Politique — 29 juillet, 2016 @ 11:18

L’année 2016 est bien partie pour laisser une trace dans l’Histoire. Une trace peut-être équivalente à celle de l’année 476 et de la fin de l’empire romain d’occident. Avec toutefois une différence : alors que l’empire a mis un bon siècle pour s’effondrer, notre civilisation des Droits de l’Homme et de la laïcité est passée en moins de 30 ans du triomphe absolu à une agonie à l’issue incertaine.

La chute du mur de Berlin fut l’apogée de notre monde

Pour les futurs historiens, 1989 représentera sans doute le sommet de notre civilisation. La fin de la guerre froide, dernier vestige d’un 20ème siècle dominé par la barbarie la plus abjecte, consacrait la liberté des peuples et la démocratie comme les valeurs universelles d’un monde obscurci jusque là par les conflits militaires et les idéologies rétrogrades. L’Europe, en particulier, retrouvait une unité culturelle, politique et économique. L’Union Européenne alors en construction symbolisait un ordre mondial apaisé et triomphant ; d’autres régions du monde, telles l’Amérique du Sud et dans une moindre mesure l’Extrême-Orient et l’Afrique subsaharienne, s’ouvraient à la démocratie.

Las ! A peine une génération plus tard, l’incurie de nos élites mettait à bas nos espoirs radieux.

D’un François à l’autre, quelle dégringolade !

On peut l’apprécier ou non, mais François Mitterrand possédait une vision de la grandeur de la France. A contrario, son triste successeur démontre jour après jour une absence complète d’idées et une propension marquée à faire n’importe quoi. Et là où le premier cité a maintenu le cap des valeurs républicaines malgré les nombreux attentats qui émaillèrent ses septennats, le second multiplie les envois de troupe à l’étranger, proclame à tout va que nous sommes en guerre, décrète un état d’urgence inutile et liberticide, promeut la déchéance de nationalité envers des barbares qui cherchent de toute façon à mourir, en résumé attise la haine et désunit notre pays. A sa décharge, la droite fait pire. Il est difficile d’en sélectionner la proposition la plus imbécile entre l’enfermement de personnes présumées innocentes, l’équipement des policiers en armes lourdes ou le rétablissement de la double peine.

L’Europe, à l’instar du défunt empire, se désintègre sous nos yeux

Dire qu’il y a peu l’Union Européenne recevait (à juste titre) le prix Nobel de la paix… Aujourd’hui, la construction voulue par Jean Monnet et Konrad Adenauer est en cours de désintégration. Incapable de gérer l’arrivée de deux malheureux millions de migrants, gangrenée par le populisme et le nationalisme, elle a même perdu un de ses membres en juin dernier. L’Union Européenne basée sur l’esprit de paix, de coopération entre les peuples et de coordination des politiques économiques et sociales n’est plus, la faute une fois encore à des élites sans vision, arrogantes  et technocratiques, qui agissent depuis trop longtemps contre les peuples pour que ceux-ci souhaitent encore y participer.

La question qui tue : peut-on encore sauver notre civilisation ?

J’ai malgré tout envie de répondre oui. Non par optimisme béat mais parce que nombre d’entre nous, y compris de trop rares politiques, résistent au repli sur soi et à l’abrutissement sécuritaire. Ainsi des députés qui refusent l’état d’urgence ou s’élèvent contre le « nous sommes en guerre », des élus locaux qui maintiennent leurs festivités contre vents et marées, des mouvements comme Nuit Debout ou les Free Hugs. Tous ces citoyens qui disent « oui » à la paix et « non » à la guerre feront gagner les Droits de l’Homme face à la barbarie. Tôt ou tard, la lumière l’emportera sur les ténèbres.

Lors de ses vœux à la jeunesse, François Hollande annonce son embrigadement et le retour du service national

Classé dans : Politique,Société — 14 janvier, 2016 @ 3:11

Décidément, il n’y a rien de bon à attendre de ce président. Après avoir instauré l’état policier et foulé aux pieds le vivre-ensemble, il tente maintenant de dénaturer la Constitution en reprenant un concept d’extrême-droite, la déchéance de nationalité. Comme si cela ne suffisait pas, le voilà qui annonce, certes de manière ambigüe, le rétablissement du service national !

Pour ceux d’entre vous qui ont moins de 40 ans, rappelons que  tous les jeunes hommes de 18 ans se voyaient obligés de sacrifier 10 mois de leur vie et de jouer au petit soldat pour 500 francs par mois, quitte à sacrifier leurs études, mettre entre parenthèses leur recherche d’emploi, etc. La suppression de la conscription, bien qu’effectuée par un président de droite (Jacques Chirac, en 1996) avait chagriné les réactionnaires de tout poil, nostalgiques d’une corvée qu’ils paraient alors de vertus d’engagement, de solidarité et de cohésion sociale. Soit précisément le discours entendu ce lundi.

L’aboutissement d’un processus initié dix ans plus tôt

Les réacs n’ont jamais baissé les bras et, en 2006, la conscription faisait son retour via le service civil volontaire. Le dispositif eut peu de succès, mais dès 2010 l’UMPS* créait le service civique. De nombreux jeunes y postulèrent, faute de mieux : dans ce pays où un quart d’entre eux ne trouvent pas d’emploi et ne peuvent prétendre au RSA, c’est un moyen de toucher un peu d’argent, une misère certes : 573€ par mois, la moitié du SMIC ! Mais une petite assurance de ne pas crever de faim ou de froid si par malheur papa/maman ne peuvent, ou ne veulent, les nourrir ou les loger. Est-ce faute de meilleure idée ou signe de sa conversion aux thèses les plus rétrogrades, le président de la République a dès le début du quinquennat misé sur ce biais, jusqu’à annoncer la « généralisation » du Service Civique lors de ses vœux du 31 décembre 2015.

L’embrigadement généralisé

Lors de ses vœux à la jeunesse, François Hollande annonce son embrigadement et le retour du service national dans Politique 483259370

Lors de son discours du 11 janvier, François Hollande dit vouloir débloquer 700M€ en 2016 pour le Service Civique, soit un triplement du budget par rapport à l’année passée, transformer l’Agence en Haut Commissariat à l’Engagement, rattaché au Premier Ministre et non plus à la Défense. Surtout, il prévoit tout un train de mesures visant à embrigader les enfants et rendre obligatoire cette corvée faussement patriotique. Cela commence à l’école primaire où les enfants se verront infliger un « enseignement moral et civique » étalé jusqu’en Troisième. Cerise sur le gâteau, cet « enseignement » fera partie des « compétences » à valider au brevet ! En prime, à l’âge de 16 ans, chaque jeune se verra remettre un « livret citoyen » relatant les divers engagements qu’il serait susceptible de prendre d’ici ses 25 ans. Le président ne précise pas de quels engagements il s’agit, gageons toutefois que les manifestations lycéennes et autres actes de contestation n’en feront pas partie ! Pourtant, nombre de ministres ou députés actuels se sont fait connaître dans ce genre d’occasion… Ce n’est pas fini : François Hollande veut aussi allonger la Journée de Défense et de Citoyenneté pour « l’enrichir », essentiellement pour faire de la retape sur le Service Civique. Pour ceux qui ne seraient pas convaincus par ce matraquage, il veut intégrer le Service Civique dans les formations en alternance et les études supérieures. Et là, nul ne pourra y échapper, car ce « Service » figurera parmi les matières soumises à validation des diplômes…. Si l’on ajoute à tout cela sa volonté d’enrôler la moitié d’une classe d’âge dès 2020, la création de quotas obligatoires dans les administrations, hôpitaux et autres services publics et le renforcement de la Réserve Citoyenne, pendant civil de la Réserve de la Défense nationale, c’est bien à un embrigadement généralisé que le Président veut soumettre la jeunesse de France. Comme à la bonne époque, en somme.

*Le service civique a été porté par la majorité de l’époque (UMP) et piloté par Martin Hirsch, haut fonctionnaire de gauche débauché au titre de l’ « ouverture » qui a réintégré depuis le giron du PS

La garantie universelle des loyers enterrée !

Classé dans : Politique,Santé — 11 janvier, 2016 @ 12:51

La garantie universelle des loyers enterrée ! dans Politique Immobilier_vetuste_2_Fotolia

Comparativement aux temps que nous vivons, la première partie du quinquennat semblerait presque un paradis oublié… En 2013, Cécile Duflot alors ministre du logement porta la loi ALUR, pour Accès au Logement et un Urbanisme Rénové. Ce texte avait, entre autres vertus, celle de sécuriser les rapports entre locataires et propriétaires grâce à la création d’une Garantie Universelle des Loyers qui aurait du s’appliquer à compter du premier janvier 2016. Mais, bien que la loi ALUR ait été promulguée le 22 mars 2014, sous cette législature, donc ! Son article 23 a été jeté aux oubliettes par le gouvernement Valls !

Une avancée de bon sens

La création d’une assurance universelle contre les impayés de loyers relève pourtant du simple bon sens. A une époque où, à l’exception des fonctionnaires et des retraités, nul ne peut être certain de bénéficier de revenus constants et donc d’être en mesure de financer ses besoins primaires dans la durée, de très nombreux propriétaires préfèrent laisser leurs logements vacants plutôt que de les proposer à la location. Ce fait explique en grande partie le scandale du mal-logement et les millions de personnes à la rue ou vivant sous des toits précaires en raison de leurs ressources faibles ou fluctuantes. Ce déni d’existence décente aurait pu prendre fin grâce à ce dispositif assurantiel garantissant aux propriétaires de percevoir leurs loyers y compris lorsque leurs locataires traversaient une mauvaise passe. Pourquoi donc tant de gens s’opposent à ce dispositif gagnant-gagnant ?

Qui ne plaît pas à tout le monde

Dès les prémices du projet de loi, plusieurs lobbys se sont évertués à le faire capoter. Les assureurs en premier lieu, qui voyaient s’évaporer le juteux marché des garanties contre les risques locatifs. Les associations de propriétaires et de promoteurs ont aussi crié au loup, prétendant que la GUL allait « déresponsabiliser les locataires ». Au sein même du gouvernement Valls, Sylvia Pinel, successeure de Cécile Duflot, rechignait à mettre en application une loi trop sociale à ses yeux. Qu’importe si, selon les données de la Fondation Abbé Pierre, plus de la moitié des demandes d’urgence restent insatisfaites, plus d’un million de demandes de logement sociaux sont classées sans suite, et que cinq millions de personnes dorment sous les ponts, naviguent de foyers en hôtels ou s’entassent dans des taudis insalubres ! Alors que, dans le même temps, 2,6 millions de logements sont vacants dans l’Hexagone selon l’INSEE !

Ces gens qui nous gouvernent, qui n’ont jamais connu le froid et la rue, ont été assez salauds pour enterrer la GUL. Honte à eux, à qui je souhaite d’être confrontés un jour à la misère et au 115.

Marianne et l’Europe agonisent

Classé dans : Europe,Politique — 5 janvier, 2016 @ 6:06

Le changement de millésime est l’occasion de faire la fête en croyant que l’année qui débute sera meilleure que la précédente. 2015 a été marquée par l’élection de centaines de conseillers départementaux et régionaux populistes et par les tueries de janvier et novembre. 2016 sera nécessairement différente sur le plan électoral, sauf implosion du régime, mais bien malin celui qui peut prédire la date et le lieu du prochain attentat. Quoique, les barbares n’ont plus besoin de frapper, ayant d’ores et déjà gagné la bataille des idées dans le cœur de beaucoup de français prêts à renier les fondements de notre société et de notre culture commune.

Preuve de cette victoire, le sommet d’imbécilité atteint par le débat politique. Envisager la déchéance de nationalité des binationaux coupables de terrorisme était déjà une faute en soi, tant cette mesure est inutile contre des individus qui cherchent à mourir en « martyrs ». Prétendre en inscrire le principe dans la Constitution, c’est ne rien comprendre à l’esprit de la Loi Fondamentale, socle de la Nation, texte unificateur par principe. S’embourber sur un sujet aussi vain illustre le délabrement d’une présidence débutée par le vivre-ensemble et qui s’achève dans la négation des libertés fondamentales et la dilution des principes républicains. Au mois de décembre, Marianne pleurait, désormais elle agonise.

Notre Marianne n’est pas la seule à s’effondrer, l’Union Européenne en fait autant. Un million de pauvres hères fuyant la guerre, la famine et les privations auront suffi, à leur corps défendant, à mettre à terre un colosse de 500 millions d’habitants juchés sur l’argile des traités de Maastricht et consorts. L’un après l’autre, les états ferment leurs frontières et réinstallent des murs, parfois à l’endroit même où 25 ans auparavant leurs citoyens abattaient dans l’allégresse le rideau de fer. Exit Schengen, exit la seule bonne raison de créer l’Europe : la libre circulation.

Personnellement, je ne regretterai pas la disparition de ce monstre sans âme qu’était l’UE : elle peut être l’occasion de rebâtir un ensemble plus simple, plus ouvert, entre les quelques pays réellement motivés pour coopérer sur les plans politiques, économiques et sociaux. Je suis plus inquiet quant à notre République que j’ai contribué malgré moi à démolir par mon vote de 2012. Car si une seule nuit a suffi pour mettre à mal nos institutions, il faudra bien davantage de temps pour restaurer ces valeurs bradées par celui qui en était le garant.

Meilleurs voeux 2016

Classé dans : Non classé — 4 janvier, 2016 @ 11:15

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L’exécutif pérennise la dictature sans faire de bruit

Classé dans : Politique — 11 décembre, 2015 @ 5:31

La tactique est vieille comme le monde mais elle fonctionne toujours… Lorsque les médias et l’attention du public se focalisent sur un évènement, l’État en profite pour passer en force sur des sujets qui pourraient diviser l’opinion, voire provoquer une révolte citoyenne. Cette révolte aurait pu survenir après l’assaut inadmissible perpétré place de la République contre des manifestants indignés par le musèlement de la COP 21, mais l’approche des élections régionales a tué tout intérêt pour cette grand-messe plus dispendieuse en petits-fours qu’en bénéfice pour la planète. La campagne des élections régionales et le premier tour de scrutin ont offert au pouvoir national un dérivatif bienvenu pour pérenniser la dictature instaurée après les attentats du mois dernier. Dans l’indifférence générale, ou presque.

 Ainsi, dès le 24 novembre dernier, l’exécutif foulait aux pieds la Convention Européenne des Droits de l’Homme en vertu de son article 15. Concrètement, les droits fondamentaux des citoyens ne s’appliquent plus en France, hormis le droit à la vie, l’interdiction de la torture et de l’esclavage et la condamnation pour un délit non sanctionné par une loi. Oubliés, le droit à la liberté et à la sûreté, le droit au procès équitable, le droit au respect de la vie privée et familiale, la liberté d’expression, la liberté de réunion et d’association, le droit au recours effectif, l’interdiction de discrimination ! Parallèlement, l’appareil répressif de l’État frappe sans relâche militants écologistes, musulmans pieux et délinquants présumés sans lien avec les barbares qui ont frappé notre Nation le mois dernier. Plus de 2 500 perquisitions administratives, avec leur cortège de portes défoncées, d’appartements saccagés et de vies brisées, ont été menées depuis un mois. Pire, 354 personnes à ce jour sont assignées à résidence alors qu’aucun délit ne leur est reproché !

Mais cela n’est qu’un début puisque deux autres projets sont dans les tuyaux. Le Conseil d’État s’est vu soumettre pour avis une révision constitutionnelle permettant d’étendre certaines dispositions de l’état d’urgence six mois de plus et de déchoir la nationalité de binationaux « condamnés pour un crime ou un délit constituant une atteinte aux droits fondamentaux de la nation ou pour un crime ou un délit constituant un acte de terrorisme ». Si cette deuxième disposition relève du symbolique, la première signifierait que la France serait soumise à la dictature policière jusqu’à l’automne prochain.

Voire plus ?

La même juridiction planche aussi sur l’extension des camps de rétention. Reprenant la proposition folle des prétendument « Républicains », elle conduirait à interner sans motif juridique près de 20 000 personnes dites fichées S ! Si ce projet a moins de chance d’être validé que le précédent en raison des risques de violation d’accords internationaux, le mal est fait : pour l’avoir simplement envisagé l’UMPSFN n’a aucune légitimité pour gouverner la République.

 Je voudrai enfin souligner le travail remarquable du journaliste du Monde Laurent Borredon, qui recense sur son blog les dérives de l’état d’urgence  http://delinquance.blog.lemonde.fr/ . La lecture de ses articles donnent la nausée mais ouvre les yeux sur la dictature instaurée par Hollande et son sbire Valls.

Voter aux régionales, est-ce bien raisonnable?

Classé dans : Politique — 29 novembre, 2015 @ 5:43

Voter aux régionales, est-ce bien raisonnable? dans Politique

La quatorzième législature de la Cinquième République est déjà, en trois ans de mandat, celle de tous les records. Record du nombre de lois adoptées, record d’unanimité des votes, au point de réunir sur un même texte les voix des deux Fronts, National et de Gauche. La créativité législative aura touché, pour le meilleur et pour le pire (pour le pire le plus souvent) tous les domaines de l’État. Parmi ces lois, celle du 7 août 2015 portant Nouvelle Organisation Territoriale de la République justement, fait partie de ces dispositifs fourre-tout, incompréhensibles pour le commun des mortels et dont l’utilité pratique est tout sauf évidente. Cependant, ses effets concrets se font sentir dès à présent, avec ces élections surréalistes des 5 et 13 décembre. Surréalistes, car la loi NOTRe est illégale ! De plus, les conditions de la campagne électorale, en plein état d’urgence et sans perspective pour les candidats rendent le choix de l’électeur plus que cornélien.

Légale, la loi NOTRe ?

Oui selon le Conseil d’État, non selon la législation.  La loi NOTRe a fait l’objet de recours auprès des instances suprêmes de contrôle de la légalité, devant le Conseil Constitutionnel avant sa promulgation (il a juste retoqué quelques dispositions mineures) puis devant le Conseil d’État par la suite. Malgré la pertinence de certains recours, en particulier celui concernant le regroupement des régions, la cour suprême de la juridiction administrative a rejeté toutes ces requêtes le 27 octobre dernier. Cependant, l’argumentation développée par les « Sages » peut être sujette à caution. Le considérant 8 de la décision n°393 026, en particulier, contrevient à l’évidence à la législation en vigueur. Alors que les requérants demandaient l’annulation pour excès de pouvoir du décret portant à convocation des collèges électoraux en vue des élections régionales suite à méconnaissance de l’article L 4122-1 du Code Général des Collectivités Territoriales « Les limites territoriales des régions sont modifiées par la loi après consultation des conseils régionaux et des conseils départementaux intéressés », les juges osent affirmer en réponse que «Considérant, enfin, que si plusieurs requérants invoquent la méconnaissance des dispositions de l’article L. 4122-1 du code général des collectivités territoriales, qui prévoient que les limites territoriales des régions sont modifiées après consultation des conseils régionaux et des conseils départementaux intéressés, il était loisible au législateur de déroger à cette obligation de consultation pour l’adoption de la loi du 16 janvier 2015 » ! En français dans le texte, cela s’appelle une forfaiture, que personne ou presque n’a dénoncé jusqu’à présent.

Les conditions de l’élection biaiseront-elles le choix des électeurs ?

Oui, clairement. Oui, car les attentats du 13 novembre et l’état d’urgence qui en a suivi ont relégué les enjeux régionaux très loin dans l’ordre de préoccupations des citoyens. Par ailleurs, le calendrier des deux tours, fixés juste avant les vacances de Noël aurait été dans tous les cas peu favorable au débat électoral. De plus, la redéfinition des compétences régionales induite par la loi NOTRe (suppression de la compétence générale, rattachement du transport collectif routier jusqu’alors compétence départementale…), le redécoupage géographique déjà cité et les restrictions programmées des dotations de l’État aux collectivités rendent hasardeuse la production d’un programme électoral engageant les élus sur plusieurs années. Dans ma région, les listes en présence se sont contentées d’égrener de vagues orientations, sans objectif ni chiffrage même approximatif. Les professions de foi ignorent aussi, avec une belle unanimité, la question des ressources et donc de la fiscalité.

Compte tenu de ce qui précède, est-ce bien raisonnable de voter les 5 et 13 décembre prochain ?

Sincèrement, j’ai mis du temps à répondre à cette question. La tentation de l’abstention a été forte. Mais refuser de m’exprimer impliquerait de laisser le choix être fait par d’autres. Même si ces élections sont manifestement illégales, au moins dans les régions regroupées et  quoiqu’en ait dit le Conseil d’État, le développement économique, les transports collectifs, l’aménagement du territoire, la formation professionnelle et la gestion des lycées sont des questions trop importantes pour  laisser aventuriers, démagogues de tout poil ou idéologues incompétents s’en emparer les six prochaines années. Quitte à choisir le moins pire, un peu au doigt mouillé, voire à voter blanc au second tour si seuls restent en lice la peste et le choléra.

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