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Archive pour octobre, 2013

Prostitution : une proposition de loi matriarcale, condescendante et faussement compassionnelle

Posté : 31 octobre, 2013 @ 6:38 dans Société | Pas de commentaires »

 

Prostitution : une proposition de loi matriarcale, condescendante et faussement compassionnelle dans Société 04ce2_prostitution-490x280

Les socialistes ont parfois de la suite dans les idées. La proposition de loi « renforçant la lutte contre le système prostitutionnel », consultable sur le site de l’Assemblée Nationale http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion1437.asp reprend dans ses grandes lignes une mission d’information conduite en 2011 par une ancienne députée socialiste, Danielle Bousquet, actuellement présidente du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. Le nom de ce Xème comité Théodule, installé en début d’année par Najat Vallaud-Belkacem, suffit à indiquer l’orientation des travaux qui y sont menés.

La lecture des motifs de la proposition de loi confirme, hélas, l’étroitesse d’esprit de ses rédacteurs. Ils reprennent, pour l’essentiel, des points qui avaient été relevés à l’époque, dans l’ordre suivant :

  •   Les prostitué(es) sont à 85% des femmes, 99% des clients sont des hommes. Ils s’agit donc d’un « phénomène sexué »
  •  Actuellement, près de 90% des prostitué(es) sont d’origine étrangère, ce qui « démontrent l’emprise croissante des réseaux de traite sur la prostitution ».
  • Enfin, les prostitué(es) sont « victimes de violences particulièrement graves qui portent atteinte à leur intégrité physique et psychique ».

Une fois ces « constats » posés,  qu’aucune étude sérieuse ne vient étayer, les promoteurs de ce projet en tirent les propositions suivantes :

  • L’article 1 veut imposer un flicage supplémentaire d’Internet : les fournisseurs d’accès seront tenus de bloquer les sites qui « contreviennent à la loi française en matière de proxénétisme ». Il reste muet, cependant, sur la possibilité de caractériser l’infraction. Et pour cause : je vois mal un maquereau s’afficher comme tel sur Internet… Voilà pour le premier volet bêtement répressif.
  •    Les articles 2 à 14 suggèrent de mieux coordonner les services qui oeuvrent en faveur des victimes de la prostitution et d’améliorer leur « réinsertion », notamment en instaurant des programmes de protection et d’assistance, ainsi qu’une facilité d’accès aux cartes de séjour pour les prostitué (es) d’origine étrangère. Ce volet est plus constructif que le précédent, mais il repose sur le postulat qu’un(e) prostitué(e) est nécessairement une victime. Qu’en savent réellement les auteurs de ce texte, qui n’ont jamais du parler avec un(e) prostitué(e) de leur vie ?
  •  Les articles 14 et 15 s’inquiètent de la prostitution étudiante, mais sans s’attaquer aux causes de celle-ci, la pauvreté. Ce chapitre manque donc (une fois encore) sa cible.
  •  Les articles 16 et 17 sont les plus imbéciles : ils visent à créer une « interdiction d’achat d’acte sexuel », punissable d’une contravention et d’un stage de « sensibilisation aux conditions d’exercice de la prostitution ». Outre le fait que l’infraction soit difficile à caractériser en dehors d’une dénonciation ou d’un voyeurisme assumé de la part des forces de l’ordre, cette « interdiction » va renforcer, une fois encore, la clandestinité de celles et ceux qui exercent cette activité.

Et, une fois encore, punir les hommes (99% des clients, paraît-il).

Y a t’il quelqu’un, dans ce pays, capable de proposer les bonnes solutions ? Créer un statut de travailleur indépendant pour les prostitué(es), avec un suivi médical et psychologique, permettrait à celles et ceux qui souhaitent réellement exercer cette activité de le faire en sécurité. En contrepartie, lutter plus efficacement contre les trafiquants et proxénètes en tout genre. Laisser les gens tranquilles, d’une manière générale. En particulier les hommes, qui seront bientôt, à ce rythme là, une minorité opprimée comme l’a été trop longtemps, et l’est encore sur certains points, la gente féminine.

Ce n’est pas en discriminant de chaque côté que l’on parviendra à l’égalité.

La gangrène raciste se fait visible, il est plus que temps de l’éradiquer

Posté : 30 octobre, 2013 @ 6:54 dans Politique, Société | Pas de commentaires »

 

Une fois n’est pas coutume, le sort d’une famille de demandeurs d’asile avait ému la France entière : les pauvres hères en provenance d’endroits improbables que nous croisons dans les rues sans les voir avaient un prénom et un visage : celui d’une gosse de 15 ans, qui pourrait être la nôtre, arrachée à ses camarades lors d’une sortie scolaire le 9 octobre dernier. Trois jours durant, l’indignation devant des méthodes inadmissibles dans un état de droit a dominé l’actualité. Trois jours durant lesquels les racistes et xénophobes de tout poil se sont tus en laissant passer l’orage. La pression des journalistes sur cette famille a sans doute été trop forte : la sympathie dont avait été entourée la jeune fille s’est ensuite évaporée, au point que la déclaration bien peu présidentielle de François Hollande « Leonarda peut revenir en France, mais seule », a réveillé les tenants d’une nation frileuse et repliée sur elle-même, qui voient dans l’étranger une menace synonyme de perte d’identité et l’assimile à un profiteur éhonté, sans regarder sa vitalité et sa force de travail.

Si j’en crois les résultats de l’enquête administrative, la famille Dobrani n’était effectivement pas régularisable fin octobre. Elle l’aurait été trois mois plus tard, en raison d’une présence continue sur le territoire français depuis 5 ans… principalement causée par la lenteur du traitement des demandes d’asile dans ce pays ! Est-il logique de mettre 4 ans et 9 mois avant de prendre la décision de refouler quelqu’un, a fortiori un enfant qui a passé l’essentiel de sa scolarité dans notre pays qui, du coup, est devenu en grande partie le sien ? Si la France ne peut effectivement pas accueillir toute la misère du monde, elle se doit au moins de traiter les personnes avec humanité. Interrompre une scolarité en cours d’année n’est pas acceptable, pas plus que de renvoyer des personnes dans une ville (Mitrovica, au nord du Kosovo) coupée en deux depuis 10 ans et ou elles sont jugées indésirables en raison de leur appartenance ethnique.

Plus récemment, une candidate du Front National s’est lâchée sur Christiane Taubira et l’a comparée à un singe : ce bel exemple a été suivi durant ce week-end par une adolescente lors d’une manifestation officiellement contre le mariage pour tous. Certes, la candidate a été suspendue du parti d’ultra droite, mais elle n’a fait qu’exprimer la pensée de nombreux individus dans ce pays et notamment dans ce mouvement politique. Quant à la gosse de 12 ans qui a brandi une peau de banane en direction de la garde des Sceaux, si elle n’est pas responsable de son geste en raison de son âge, on peut s’interroger sur l’éducation qu’elle a reçu avant d’accomplir une telle ânerie !

Plus que jamais, tous ceux qui se reconnaissent dans l’idéal républicain et démocratique doivent le réaffirmer : les êtres humains naissent libres et égaux en droit. Point.

La gangrène raciste est devenue visible, il est plus que temps de l’éradiquer.

Alcatel, Peugeot, Gad : la France pâtit de ses mauvais patrons

Posté : 17 octobre, 2013 @ 4:28 dans Politique | Pas de commentaires »

 Depuis des années, le MEDEF s’insurge contre la fiscalité, le coût du travail, la lourdeur de l’administration, les règles sociales et environnementales, etc. Si les critiques patronales sont parfois fondées, notamment sur l’importance des charges pesant sur la masse salariale, les organisations de chefs d’entreprise oublient généralement de balayer devant leur porte. Pourtant, la France pâtit de la médiocrité de nombre de ses dirigeants ; les exemples récents de Peugeot, Alcatel et Gad devraient les inciter à plus d’humilité et de rigueur, dans le bon sens du terme, de gestion de leurs entreprises.

Peugeot ou le déclin de la vieille Europe

Alcatel, Peugeot, Gad : la France pâtit de ses mauvais patrons dans Politique peugeot-logo-2Cette société familiale a un passé glorieux : deuxième constructeur français depuis son alliance avec Citroën et le rachat de Chrysler dans les années 1970, la firme possédait il y a peu une image de fiabilité de fabrication alliée à un sens certain de l’innovation. Elle a surfé sur la vogue du diésel dans les années 1980 et proposé des gammes de véhicules fabriqués essentiellement en France. Mais, depuis dix ans, Peugeot n’a pas su s’adapter aux demandes des consommateurs : elle a raté le train du low cost et, malgré plusieurs tentatives, est restée en marge des alliances qu’ont su construire la plupart de ses concurrents, comme Renault avec Nissan. Ses produits vieillissants ne séduisent plus, les licenciements se succèdent au rythme de la chute des ventes, tant en France que dans le reste de l’Europe. Depuis quelques jours, les rumeurs vont bon train autour d’un rachat partiel par un constructeur chinois, Dongfeng, voire d’une participation de l’État au capital.

Alcatel, victime d’un patron mégalomane et peu avisé

alcatel_lucent économie dans PolitiqueL’Alsacienne de constructions atomiques, de télécommunications et d’électronique a été leader mondial dans plusieurs domaines comme les réseaux optiques, les commutateurs téléphoniques ou l’infrastructure mobile. Le choix, en 1995, de désigner Serge Tchuruk comme PDG va précipiter la société dans une spirale infernale de fusions, d’acquisitions, de cessions de filiales et de fermetures d’usines. La décision de Tchuruk de racheter l’équipementier américain Lucent en 2006 va plonger le groupe dans un déclin irréversible : depuis six ans, le groupe perd de l’argent et accumule les plans sociaux. Le dernier en date prévoit la fermeture de l’usine d’Orvault, en Loire Atlantique, qui emploie 900 personnes. L’actuel directeur du groupe, Michel Combes, évoque même un risque de « disparition » de l’ex-fleuron du savoir-faire français.

Gad ou le crépuscule de l’agroalimentaire breton

130213175549174_36_000_apx_450_ failliteJusque dans les années 1950, la Bretagne était une région pauvre. La volonté politique de l’État et la mécanisation de l’agriculture l’a métamorphosée depuis, au point que la région est devenue une des places fortes en Europe de l’industrie agroalimentaire. La société Louis Gad naîtra en 1956 et deviendra au fil du temps un groupe spécialisé dans l’abattage et la découpe du porc, qui employait 2500 salariés en 2010. Le rapprochement puis la vente de l’entreprise à la CECAB, une coopérative plus connue par le nom commercial d’Aucy, lui sera fatal. 800 emplois disparaîtront en 3 ans et le 22 février 2013 Gad sera placé en redressement judiciaire. La concurrence internationale et la baisse de production ont rendu le groupe déficitaire depuis 2008 ; l’absence d’investissement et de stratégie des ventes ont contribuent à plomber les ventes. Un plan de continuation, présenté par l’actuelle direction en l’absence de repreneur, prévoit de fermer le site historique de Lampaul-Guimiliau, qui emploie encore 800 salariés dans une ville de 2000 habitants et un autre site plus petit. Près de la moitié des postes de travail de la société devraient ainsi disparaître, sans compter les emplois induits.

Réindustrialiser la France suppose une volonté politique forte, mais aussi une génération de dirigeants d’entreprise compétents et novateurs. Pour cela, les milliards du CICE n’y suffiront pas.

Les ondes engendrent des peurs irrationnelles : la preuve par l’Anses

Posté : 16 octobre, 2013 @ 3:27 dans Santé, Société | Pas de commentaires »

 

Les ondes engendrent des peurs irrationnelles : la preuve par l’Anses dans Santé 001_antenne_relais

Nous sommes entourés depuis toujours par les ondes électromagnétiques. Mais, peut-être en raison de leur aspect immatériel, leur domestication par l’homme a systématiquement provoqué des craintes parmi la population. Ainsi lors de l’introduction dans nos foyers des fours à micro-ondes, qui allaient, à en croire leurs détracteurs, transformer nos cerveaux de la même manière que les aliments cuisinés. Si cette polémique est éteinte depuis longtemps, une sorte de psychose s’est développée autour du déploiement des réseaux de téléphones portables et de wifi depuis une dizaine d’années. Sur la foi de pseudo-études mêlant pathologies rarissimes et peur du changement, des groupes de personnes s’opposent régulièrement à l’installation d’antennes de téléphonie sur tel ou tel bâtiment sous prétexte d’exposition aux ondes supposée dangereuse. Le rapport de l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dévoilé ce mardi remet de l’ordre dans le fatras de rumeurs qui circulent à ce sujet.

L’action d’une onde sur l’organisme n’est pas neutre par définition. L’Anses confirme ce fait et invite les citoyens à limiter l’utilisation des téléphones portables et au respect des normes européennes et françaises d’émission des antennes-relais. Elle prend soin de préciser que, selon le Comité d’expérimentation sur les ondes, 97% des antennes présentes sur le territoire français émettent à des valeurs 15 fois inférieures à la valeur maximale autorisée (moins de 2,7 volts par mètre contre 41 à 61 fixés par la loi) : le principe de précaution, si cher aux associations anti-ondes, est largement respecté.

L’étude, conclue au bout de deux années de travaux, actualise un précédent rapport datant de 2009. Selon les experts, qui ont analysé les effets supposés de l’exposition aux radiofréquences dans le cadre de la réglementation actuelle sur le corps humain, les ondes utilisées par nos réseaux n’ont aucune incidence neurotoxique sur le cerveau. Elles n’ont pas plus de conséquences sur nos fonctions cognitives ou auditives ; de même, le lien supposé entre l’exposition aux ondes électromagnétiques et l’apparition de maladies neurologiques (épilepsie, sclérose en plaques…) ne peut être démontré, pas davantage qu’un hypothétique risque de baisse de fertilité ou de déficience des systèmes immunitaires, endocriniens et cardiovasculaires. Par contre, le rapport estime qu’une utilisation intensive de téléphones portables (plus de 1640 heures d’exposition à puissance maximale) peut induire un risque de gliome, une tumeur généralement bénigne affectant le tissu de soutien des neurones, ainsi que quelques effets sur le sommeil « vraisemblablement sans conséquences pathologiques à court terme ». Le comité conseille donc d’approfondir la recherche scientifique sur ces deux points de vigilance ainsi que sur et les effets à long terme des radiofréquences (par la force des choses, nous avons un recul de 15 ans sur ces questions) sur les humains. Ils souhaitent également mieux informer la population sur le niveau d’exposition des appareils et que les pouvoirs publics proposent des « mesures simples » qui permettent aux communicants de réduire, s’ils le souhaitent, leur exposition à ces ondes. Il s’agit là de recommandations de simple bon sens, qui ne remettent absolument pas en cause la technologie et la réglementation actuelle dans ce domaine.

Certaines associations, déçues de voir leur cheval de bataille réduit en poussière, ont déjà accusé l’Anses d’avoir rendu des conclusions « plus politiques que scientifiques ». Réponse absurde, à la hauteur de leur combat : la majeure partie des militants de ces associations veulent simplement déplacer l’antenne chez leurs voisins. Combien d’entre eux respectent leurs convictions en se passant au quotidien de portable et de Wifi ? Plutôt que de se battre contre des monstres inoffensifs, autant lutter sur d’autres fronts, bien plus destructeurs pour l’homme que les radiofréquences. Le choix ne manque pas, de la malbouffe aux abus des multinationales en passant par le racisme et la pauvreté. L’énergie qu’ils gaspillent en pure perte y serait bienvenue.

Le Fonds Monétaire International se convertit au socialisme !

Posté : 13 octobre, 2013 @ 9:56 dans Monde, Politique | Pas de commentaires »

 

Le Fonds Monétaire International se convertit au socialisme ! dans Monde le-fmi-prevoit-une-croissance-de-3-pour-la-turquie_trt-francais-5692

Tout peut arriver dans ce bas monde. La preuve : le Fonds Monétaire International, qui a imposé à tant de pays des réformes dites « d’ajustement structurel » destructrices d’emplois et de services publics, a publié mercredi 9 octobre un bulletin au ton nettement social-démocrate. Si ce bulletin débute par un cri d’alarme, justifié au demeurant, à propos de l’endettement des pays développés, le Fonds estime qu’« il est particulièrement important d’étalonner la composition de l’ajustement budgétaire de manière à renforcer les perspectives de croissance à long terme et à préserver la cohésion sociale ». Exprimé en langage courant, le FMI conseille aux gouvernements de prendre le temps nécessaire pour rééquilibrer leur budget, sans tuer la croissance par des politiques trop austères. La preuve que 40 ans d’erreur ultralibérale peuvent servir de leçon : il reste à mettre en application cette nouvelle doctrine lors de l’octroi de fonds aux pays en difficulté, comme cela devrait être fait de manière urgente pour la Grèce.

La conversion (relative !) au socialisme du FMI ne s’arrête pas à ces considérations d’ordre général. L’institution vient aussi de découvrir l’intérêt d’une politique fiscale équilibrée, ou les citoyens contribuent au budget national en fonction de leurs moyens. Ainsi, elle préconise de renverser la tendance observée depuis 30 ans consistant à exonérer les plus riches de l’effort national et de rendre la fiscalité plus progressive ; elle souligne que « les recettes potentielles de l’impôt sur le patrimoine sont très élevées » et enjoint les ministres du budget « d’agir avec fermeté à l’égard des traitements particuliers », c’est-à-dire contre ceux qui fraudent éhontément ou font du chantage à l’emploi dès qu’un gouvernement souhaite relever les taux d’imposition marginaux supérieurs.

Bon, il reste à leur faire comprendre que la TVA, dont les experts veulent élargir le nombre de contribuables assujettis, ou la taxe carbone qu’ils jugent crucial d’instaurer pour lutter contre le changement climatique, sont des impôts injustes car non progressifs. On peut tout de même saluer la révolution intellectuelle de l’organisme régulateur du système monétaire mondial. Si elle continue dans cette voie, Christine Lagarde pourrait devenir ministre de François Hollande…

Les 300 morts de Lampedusa sont la honte de l’Europe

Posté : 10 octobre, 2013 @ 9:23 dans Europe, Politique, Société | Pas de commentaires »

 

Les 300 morts de Lampedusa sont la honte de l’Europe dans Europe 1297781469

Ils ne sont ni les premiers ni les derniers. Chaque jour, des femmes, des enfants et des hommes, poussés par la guerre et la faim tentent, au péril de leur vie, de gagner le monde meilleur que représente pour eux notre continent. Face à ce qui est perçu comme une menace, les dirigeants européens ont défini une politique restrictive en matière d’immigration et construit des remparts dignes des châteaux médiévaux. En pure perte, car rien ne peut empêcher quelqu’un de franchir les mers sur une embarcation de fortune lorsqu’il ne peut vivre sur sa terre natale.

Ce mardi a eu lieu une réunion des ministres européens de l’Intérieur consacrée à ce sujet. Au vu des conclusions, l’on peut se demander si, à leurs yeux, la vie humaine a une quelconque valeur : une « grande opération de sécurité et de sauvetage » a bien été annoncée par la commissaire européenne en charge de la question, mais les ministres ont refusé toute modification de la législation en faveur de ces pauvres gens qui, lorsqu’ils parviennent au terme de leur voyage, sont entassés dans des camps de rétention avant d’être expulsés sans avoir pu, bien souvent, témoigner de leur volonté d’intégration dans nos pays.

Une politique migratoire schizophrène

L’accord européen sur l’immigration, appelé « Dublin II », n’a aucun sens. Il exclut d’emblée l’accueil de personnes considérées comme « migrant économique », alors que certains états se dépeuplent ; il respecte à peine la Convention de Genève, en restreignant au maximum les critères applicables aux demandes d’asile. Pour couronner le tout, il impose au pays dit « de premier accueil » de se débrouiller avec « ses » migrants, même si, entre temps, ceux-ci ont rejoints un autre état. De fait, les nations frontalières avec l’Afrique et l’Asie supportent toute la charge liée au traitement des requêtes liées à l’immigration dite « clandestine ». Une lettre ouverte, écrite par la maire de Lampedusa il y a plus d’un an et publiée sur le site Rue 89 http://www.rue89.com/2013/10/04/document-lettre-dechirante-maire-lampedusa-246298 exprime bien mieux que je ne pourrai le faire le désarroi auquel est confronté son île et le scandale que représente la politique inhumaine et imbécile concoctée, avec notre accord, par les chefs d’état de l’Union Européenne. Je crains que, sans un sursaut de la part des citoyens, la tragédie qu’elle décrit reste d’actualité une fois l’émotion actuelle passée.

Si l’Europe ne peut accueillir toute la misère du monde, elle peut contribuer à réduire la cause fondamentale de cette immigration. Permettre à ces populations en déshérence d’avoir de quoi manger et s’abriter chez eux est à notre portée. Encore faut-il le vouloir et considérer tous les êtres humains sur un pied d’égalité, quelle que soit leur origine géographique.

Automobile, discothèques : bienvenue dans un monde absurde.

Posté : 8 octobre, 2013 @ 4:08 dans Société | Pas de commentaires »

 Une nation ne peut être convenablement dirigée sans conseil, encore faut-il savoir s’entourer des bonnes personnes… Parmi les nombreux experts en tout genre qui gravitent autour du pouvoir, certains méritent certainement d’être connus. Par contre, je m’interroge sur d’autres, en particulier tous ceux dont l’obsession semble être de scléroser, limiter et interdire à tout bout de champ, au nom d’un principe de précaution érigé en dogme. Deux sujets, la sécurité routière et les concerts, ont excité particulièrement ces adeptes du bridage pour tous, comme en témoignent les avis récents du Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR) et du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP).

Encore un effort et on ne parlera plus de circulation routière

Automobile, discothèques : bienvenue dans un monde absurde. dans Société limitation-de-vitesse

Le premier nommé n’a pas encore publié son rapport (il devrait être rendu public fin novembre) mais les informations parues ce samedi sur leurs propositions en vue d’abaisser la mortalité routière font frémir. Selon le CNSR, pour atteindre cet objectif, il faudrait détruire les murs (et les maisons ?), couper les arbres, combler les fossés et abattre les poteaux le long des routes ! Limiter la vitesse sur les axes bidirectionnels à 80 km/h ! (ce sera 70 la prochaine fois). Pour faire bon poids, ils souhaitent aussi augmenter le nombre de radars, si rentables pour l’État, au mépris des libertés fondamentales (voir l’article http://leblogdatm.unblog.fr/2013/09/01/justice-administrative-un-recul-sans-precedent-des-droits-du-justiciable/. Zéro idée, en revanche, sur l’amélioration de la formation des automobilistes. Comment arriver à faire comprendre à ces experts que l’unique cause de mortalité sur la route est le manque de maîtrise du véhicule ?

Une proposition mérite cependant d’être retenue, concernant l’installation d’éthylotests anti démarrage sur les véhicules des jeunes conducteurs moyennant une réduction de leur surprime d’assurance ou comme peine alternative aux récidivistes adultes.

Les concerts et discothèques sont bruyants. Quelle horreur !

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Par curiosité, j’aimerai connaître les goûts musicaux des membres du HCSP. Peu d’entre eux, semble t’il, ont déjà mis les pieds dans une discothèque ou une salle de concert rock… Ce Haut Conseil s’est pourtant donné pour mission « d’actualiser la réglementation et de garantir la protection des personnes à de la musique amplifiée dans les lieux de loisir ». Le résultat de leurs travaux ne peut s’inventer (source http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=378 :

  • l’affichage en continu des niveaux sonores mesurés en dBA* sur 15 minutes, associé à l’affichage d’une information sur les niveaux sonores et durées d’écoute sans risque, afin que chacun puisse connaître son niveau d’exposition et de risque potentiel ;
  • des niveaux sonores moyens de 100 dBA mesurés sur 15 minutes et des niveaux crêtes de 120 dBC* à ne pas dépasser ;
  • la fourniture gratuite de protection auditive et l’offre d’une zone de récupération auditive avec un niveau sonore inférieur à 85 dBA ;
  • un avertissement pour les femmes enceintes sur les risques de transmission des basses et moyennes fréquences à l’enfant à naître, plus particulièrement fragile au cours des trois derniers mois de grossesse ;
  • etc.

En résumé, selon ces gens, les femmes enceintes ne devraient plus fréquenter ces lieux, ou alors à leurs risques et périls ; les autres usagers devraient régulièrement vérifier sur un écran le niveau d’exposition sonore de leurs petites oreilles et, en cas de dépassement de la norme autorisée, se réfugier dans une salle protégée du bruit ou enfiler des protections auditives cédées gracieusement par les gérants des lieux. Pendant qu’on y est, autant imposer le menuet et la valse dans les lieux festifs…

* Le niveau de bruit est exprimé en décibels (dB). Les lettres A et C font référence à des pondérations et filtrages de correction de la mesure brute.

La Centrafrique s’enfonce dans le chaos

Posté : 6 octobre, 2013 @ 9:50 dans Monde | Pas de commentaires »

 

La Centrafrique s’enfonce dans le chaos  dans Monde carte_centrafrique

Souvenons-nous : il y a 9 mois, le Mali connaissait une grave crise politique qui dégénérait en guerre civile. François Hollande, applaudi par la communauté internationale, décidait d’y envoyer des troupes (qui y sont toujours) afin de rétablir un semblant d’ordre dans le pays. Le 21 mars dernier, une coalition hétéroclite de chefs de guerre renversait le président centrafricain, François Bozizé. Depuis, la Centrafrique s’enfonce dans le chaos. L’État n’existe plus à proprement parler : la Sélaka au pouvoir contrôle plus ou moins la capitale, Bangui, avec l’aide d’une force « de maintien de la paix » composée de deux mille hommes. Certains états frontaliers, le Soudan et le Tchad notamment, en ont profité pour envahir certaines provinces ou s’étaient réfugiés des mouvements d’opposition à leurs propres régimes, mais aussi pour piller les richesses minières du pays.

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La Centrafrique possède un sous-sol riche en or, diamants et uranium, qui aurait pu lui assurer une relative prospérité. Mais, depuis son indépendance, elle n’a pas su construire un état stable et structuré : ses dirigeants se sont surtout illustrés par leur mégalomanie (le sinistre Jean Bedel Bokassa), leur népotisme et une capacité impressionnante à ruiner le pays pour leur propre compte. L’armée, seule force organisée du pays, a fait la pluie et le beau temps jusqu’en 2008 avec l’aide de la France. Si, à présent, François Hollande refuse (avec raison) de s’immiscer dans les affaires intérieures de la Centrafrique, les informations de plus en plus alarmantes d’exactions, de tortures et de massacres à caractère religieux en provenance de ce pays devraient inciter les organisations internationales à intervenir, au moins sur le plan humanitaire, pour garantir la sécurité physique et alimentaire des populations civiles. Malheureusement, le cri d’alarme du président français à la tribune de l’ONU, le 25 septembre dernier, n’a rencontré aucun écho : le Conseil de Sécurité n’a pas su définir une action commune et Barack Obama refuse, pour l’instant, d’aider l’Union Africaine à mettre sur pied une force d’intervention. Au risque de voir ce petit état devenir un nouveau repaire pour les terroristes islamistes et, surtout, de condamner les 5 millions de centrafricains à la famine.

Au Royaume-Uni, un demandeur d’emploi doit « mériter » ses allocations

Posté : 4 octobre, 2013 @ 8:27 dans Europe, Société | Pas de commentaires »

 

Au Royaume-Uni, un demandeur d’emploi doit « mériter » ses allocations dans Europe 50072564

La droite française en rêvait, David Cameron l’a fait : au Royaume-Uni, dès avril prochain, tout demandeur d’emploi de longue durée devra travailler, de gré ou de force, pour 70€ par semaine. Concrètement, toutes les personnes au chômage depuis plus de trois ans (elles sont près de 200 000, souvent d’anciens ouvriers victimes de la désindustrialisation) seront obligés d’effectuer 30 heures de travail hebdomadaires durant 6 mois, sous peine de se voir couper leurs très maigres allocations.

L’ultralibéralisme, qui crée volontairement le chômage afin d’accroître la concurrence entre les salariés, trouve là son expression ultime. Le demandeur d’emploi n’est plus une victime du manque de travail mais un boulet pour la société. Il doit, selon le ministre des finances britanniques, « redonner quelque chose à la communauté ». « Personne, » ajoute t-il, « n’obtiendra quelque chose sans rien donner en échange ». Les postes de travail forcé ont parfois un caractère d’intérêt général (l’aide à des associations caritatives) mais pas toujours : le ramassage des ordures ou le remplissage des rayons en supermarché font partie des « jobs » imposés. Ainsi, des entreprises privées vont bénéficier de main d’œuvre gratuite ! Actionnaires et boursicoteurs, non contents de pressurer la population, profiteront désormais des bras et des jambes de ceux qu’ils ont réduits à la misère !

Silence radio devant ce scandale

Je suis surpris de l’absence de réaction syndicale et politique face à ce projet. Que je sache, la Grande-Bretagne a signé la charte des droits fondamentaux ! Pourtant, les instances européennes, si promptes à tancer les états trop dépensiers et à promouvoir des normes absurdes, n’ont toujours pas trouvé le temps d’exprimer leur désaccord. La France n’a pas davantage réagi. Pourquoi ? On bafoue la dignité humaine à côté de chez nous. Et cela n’indigne personne ?

Pauvre monde.

L’union nationale n’est pas un rempart contre l’extrême droite

Posté : 3 octobre, 2013 @ 10:41 dans Europe, Politique | Pas de commentaires »

 Le débat revient à intervalles réguliers sur la scène nationale : une coalition de partis sociaux-démocrates, centristes et libéraux modérés serait la meilleure formule de gouvernance pour notre pays. François Bayrou, avant de se rallier à l’UDI, prônait une telle union ; régulièrement, d’autres personnalités remettent au goût du jour cette vieille ritournelle. L’une des justifications mises en avant par les défenseurs d’un tel exécutif est la création d’un front républicain qui formerait un rempart face à l’extrême-droite. Mais est-ce la réponse miracle au vote nationaliste ? Pas si sûr.

Ce dimanche, l‘Autriche nous a offert un contre-exemple. Ce pays, contrairement à la France, a souvent été dirigé par des gouvernements de coalition : de 1945 à 1966, avec les sociaux-démocrates du SPÖ et les conservateurs de l’OVP, puis, à partir de 1983, d’autres alliances, parfois étranges (le SPÖ a gouverné un temps avec Jörg Haider) se sont formées au gré des résultats des législatives. Ce dimanche, les électeurs ont reconduit la coalition sortante SPÖ/OVP à la majorité absolue, mais les différents partis nationalistes (FPÖ, BZÖ et TS) obtiennent à eux trois près d’un tiers des suffrages, en progression de 2,5 points par rapport au scrutin précédent.

Un autre pays européen, la Grèce, a tenté récemment de former un front républicain. Le gouvernement Samaras, soutenu par les deux grandes formations de gauche et de droite (PASOK et Nouvelle Démocratie), doit faire face aux néo-nazis de l’Aube dorée, dont plusieurs dirigeants sont poursuivis après l’assassinat d’un rappeur antifasciste. Malgré les agissements criminels, désormais avérés, de cette mouvance antirépublicaine, son audience ne faiblit pas. La nation grecque, confrontée à une crise économique d’une violence inouïe, connaît un climat de défiance politique propice aux idées extrêmistes.

En France, la composition d’un exécutif PS/UDI ou PS/UMP aurait vraisemblablement comme conséquence de faire progresser le vote en faveur du Front National : l’argument, pas totalement faux du reste, est d’associer l’action de ces deux partis à la crise économique et surtout au choix d’une intégration européenne vue par eux comme une menace envers la souveraineté. Pourtant, dans les faits, PS, UDI et UMP ont une approche différente sur quasiment tous les sujets économiques, sociaux et sociétaux. Cette richesse d’idées engendre un débat qui, malgré les dérapages récents de certains élus, forme un rempart bien plus efficace au repli identitaire que ne peut l’être l’alliance de la carpe et du lapin au sein d’un même exécutif.

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