Vers un infléchissement du tout-carcéral ?

Dès son arrivée au ministère de la Justice, Christiane Taubira avait fait part de sa volonté de rompre avec le tout-carcéral prôné depuis 10 ans. Une première circulaire, dévoilée en septembre 2012, rappelait un certain nombre de principes bafoués depuis des années, comme l’individualisation des peines ou le fait que la détention ne peut intervenir qu’en dernier recours. Las ! Le nombre de personnes incarcérées (67151 en avril 2012) a continué sa progression : en juillet dernier, 68569 détenus s’entassaient dans les prisons françaises. Depuis, une lente décrue a été amorcée : d’après le dernier communiqué de presse de l’Administration Pénitentiaire, le recours à la détention est devenu moins systématique, même si les établissements restent dramatiquement surpeuplés avec un taux d’occupation moyen de 117% tous établissements confondus (67050 individus derrière les barreaux pour 57390 places effectives).
Il convient cependant de relativiser cette nouvelle. Si le recours à la détention est en baisse sensible concernant les mineurs, la justice continue à incarcérer sans jugement de façon massive : plus de 17000 personnes sont ainsi punies alors qu’elles ne sont pas condamnées définitivement. Pourtant, au regard du droit cette procédure devrait rester exceptionnelle et réservée aux cas où le prévenu présente un risque de récidive immédiat et important. De plus, les aménagements de peines (placement à l’extérieur, bracelet électronique et semi-liberté) progressent peu faute de moyens (12842 personnes en bénéficiaient au 1er novembre dernier contre 12282 le 1er avril 2012), alors même qu’ils diminuent sensiblement le taux de récidive. Enfin, une hirondelle ne fait pas le printemps : faute de vote d’une nouvelle loi pénitentiaire (le projet de la Garde des Sceaux sera examiné au Parlement l’été prochain en théorie) cette embellie risque d’être uniquement passagère.
La France pourrait prendre exemple sur la Suède : là-bas, 4 lieux de détention viennent de fermer leurs portes, dont deux de façon définitive. Une législation audacieuse supprimant la peine carcérale pour les délits mineurs (vols simples ou détention de produits illicites entre autres) a vidé les prisons sans pour autant aggraver l’insécurité dans le pays.
Madame Taubira a prouvé, depuis qu’elle est en charge de son ministère, être une femme de convictions qui n’hésite pas à sortir des sentiers battus. J’ai donc bon espoir qu’elle puisse changer durablement les mentalités, en particulier dans son domaine d’attribution.


Ce rapport pourrait être considéré comme un épiphénomène si les dysfonctionnements constatés ne concernaient que ces deux établissements. Cependant, Monsieur Delarue rappelle que les recommandations à caractère général qu’il avait formulé en 2010 n’avaient jamais été suivies d’effet : Effectuer une analyse plurifactorielle préalable concernant le choix d’implantation des sites, mettre en place la formation professionnelle, définir des projets éducatifs, nommer des enseignants dans des délais compatibles avec les besoins des enfants.






Issue d’une directive européenne de 2006 l’écotaxe, de son vrai nom taxe nationale sur les transports de marchandises, connaît une genèse compliquée. Le projet, lancé en 2008, vise à faire appliquer le principe du « pollueur-payeur », ou plutôt de l’utilisateur-payeur au transport routier de fret : jusqu’à présent, c’est l’impôt commun qui finance la construction et la maintenance du réseau routier non concédé. Comme, selon son tonnage, un camion sollicite jusqu’à 100 fois plus le bitume qu’un véhicule particulier, il n’était pas illogique d’asseoir une part significative de ce coût sur ce type de transport.