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Archive pour juin, 2014

Jean-Claude Juncker ou la fin de l’utopie européenne

Posté : 29 juin, 2014 @ 2:38 dans Europe, Politique | Pas de commentaires »

Jean-Claude Juncker ou la fin de l’utopie européenne dans Europe europuzzle2

Les élections européennes de mai dernier sont les premières auquel s’applique le traité de Lisbonne, qui prévoit que le président de la Commission européenne soit élu par le Parlement sur proposition du Conseil. L’assemblée des chefs d’état de l’Union a choisi, sans surprise, de soumettre au Parlement la candidature du chef de file du parti populaire européen (PPE), Jean-Claude Juncker, soutenu également par les sociaux-démocrates (S et D). A eux deux, ces mouvances réunissent 401 députés sur les 751 que compte l’actuel Parlement.

Pourtant, Jean-Claude Juncker est l’illustration même de l’apparatchik libéral dont une grande partie des européens ne veulent plus. Cet homme de 59 ans né au Luxembourg a effectué toute sa vie d’adulte en politique : secrétaire d’état à l’âge de 28 ans, ministre à 35 puis premier ministre de son pays durant 18 ans, un record en Europe.

Sa carrière européenne débute aussi dans les années 1980. En tant que membre de Conseil pour les affaires économiques et financières, il participe activement à l’élaboration du traité de Maastricht, cet accord délétère à l’origine de la dérive ultralibérale de l’Union Européenne. Par la suite, il présidera l’Eurogroupe, un machin censé coordonner la politique économique de la zone euro. Il est de ce fait associé aux politiques d’austérité imposées à de nombreux pays comme la Grèce et le Portugal. Dans le même temps, il usa de toute son influence pour maintenir le secret bancaire et le statut fiscal en vigueur au Luxembourg, même s’il a du, sous l’insistante pression de l’OCDE, se résoudre à adopter quelques mesures visant à combattre l’évasion fiscale.

Sa nomination n’offre donc aucune perspective réjouissante pour l’avenir des européens. Si Juncker devrait, grâce à son expérience et son art du consensus, se montrer moins mauvais que son prédécesseur José Manuel Barroso, sa nomination au poste le plus important de l’UE prouve que ses institutions restent sourdes aux aspirations des citoyens qu’elles sont censées représenter. Sauf énorme surprise, l’Europe des 28 continuera à s’enfoncer dans la récession aggravée par une politique monétaire, financière et sociale favorisant les capitalistes au détriment des travailleurs et le dumping social au bien-être des citoyens.

Rien d’étonnant alors si ces mêmes citoyens rejettent encore davantage cette Europe construite en dépit du bon sens. Cette belle utopie née des décombres de la seconde guerre mondiale est désormais en danger d’extinction. Jean-Claude Juncker, selon toute probabilité, en sera le fossoyeur.

Après les procès Lambert et Bonnemaison, comment faire évoluer le droit des malades en fin de vie ?

Posté : 26 juin, 2014 @ 2:04 dans Société | Pas de commentaires »

Mercredi 25, le docteur urgentiste Nicolas Bonnemaison a été acquitté par la cour d’assises de Pau. Ce médecin urgentiste était accusé d’avoir attenté à la vie de sept patients en phase terminale de pathologie incurable, contrevenant ainsi au serment d’Hippocrate « Je ne provoquerai pas la mort délibérément » et à la loi relative aux droits des malades et à la fin de vie, plus connue sous le nom de son initiateur Jean Leonetti. Il a su cependant convaincre les jurés de son intention humaniste et de sa volonté d’abréger les souffrances insupportables de personnes pour lesquelles la science est impuissante à apporter une quelconque amélioration de leur état.

La veille, le Conseil d’État réuni en assemblée plénière décidait de mettre fin au calvaire vécu par un jeune homme tétraplégique maintenu dans un état végétatif depuis 6 ans. Les parents de Vincent Lambert s’opposaient à tout arrêt de traitement. La cour suprême administrative, après un examen approfondi de son état médical, a jugé que le maintien artificiel en vie au prix de souffrances intolérables relevait de l’acharnement thérapeutique et contrevenait à la dignité de la personne humaine.

Ces deux décisions illustrent l’ambigüité de la législation française face au choix épineux auquel est confrontée la société, lorsqu’un être humain est victime d’une pathologie incurable mais que la médecine est en capacité de maintenir ses fonctions vitales en activité. La loi Leonetti relative aux droits des malades et à la fin de vie proscrit l’acharnement thérapeutique mais exige parallèlement que le patient ait explicitement demandé l’arrêt de son traitement médical ou, à défaut, que ses proches se prononcent unanimement en ce sens. Des conditions impossibles à remplir lorsque la personne a été victime d’un accident par nature imprévisible ou que la famille se déchire sur la décision à prendre.

Vincent Lambert n’est d’ailleurs pas près de mourir. Ses parents, mécontents de la décision du Conseil d’État, ont saisi en urgence la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Celle-ci a décidé de suspendre l’application de l’arrêt de la cour française le temps de juger, à son tour, de la question sur le fond.

Jean Leonetti, conscient des limites de la loi de 2005 qui porte son nom, a déposé une nouvelle proposition sur le sujet le 27 février 2013 visant à renforcer les possibilités pour les malades atteints d’une pathologie grave et incurable d’obtenir un traitement sédatif lorsqu’ils jugent leurs souffrances physiques et psychiques insupportables. Cette modification à la marge du droit à mourir dignement ne réglera pas, à mon sens, le cas des personnes hors d’état d’exprimer leur volonté. Il serait préférable, de mon point de vue, de pouvoir confier à un collège composé de professionnels de la santé assisté d’un comité d’éthique la tâche d’examiner au cas par cas la nécessité du maintien en vie de ces malades au regard des possibilités réelles de guérison de ses patients. Un tel dispositif permettrait de respecter la dignité des patients, d’éviter de nouveaux procès Bonnemaison, de limiter les interventions familiales intempestives tout en encadrant le recours à l’euthanasie.

Il faut restaurer la SNCF malgré ses cheminots

Posté : 16 juin, 2014 @ 2:49 dans Société | Pas de commentaires »

 Il faut restaurer la SNCF malgré ses cheminots dans Société

Comme tous les 6 mois, la vie des usagers du train est perturbée par la grève des cheminots. Cette fois, le prétexte invoqué est l’examen du projet de loi de réorganisation ferroviaire : pour certains de ces messieurs, le regroupement des deux entités, Réseaux Ferrés de France (RFF) et SNCF, aurait du se traduire par la création d’un établissement public industriel et commercial (EPIC) unique et non sous la forme d’un holding (1 EPIC chapeautant les ex RFF et SNCF).

Cette réorganisation est pourtant indispensable. Depuis 1997, l’imbécilité maastrichtienne du dogme de la concurrence « libre et non faussée » avait obligé l’état français à diviser l’entreprise publique en deux parties qui ne se parlaient plus, au risque de créer des ratés industriels comme  Regiolis, ce nouveau train trop large pour les quais de gare. Cependant, la nouvelle loi ne résoudra pas toutes les tares du chemin de fer français, qui souffre depuis trop longtemps d’une politique à courte vue, centrée sur les marges et non sur le service public : le développement du TGV a creusé la dette du groupe, asséché les autres investissements et limité la maintenance des autres lignes en deçà du strict minimum.

Les cheminots (nombre d’entre eux du moins) ont aussi une part de responsabilité dans la faillite du chemin de fer en France. Le comportement de bien des contrôleurs, dont le zèle confine au harcèlement, de ces conducteurs qui se mettent en grève pour un oui ou pour un non, des cowboys de la « sécurité ferroviaire » qui se croient tout permis, de ces dirigeants mégalomanes, auteurs de la jungle des tarifs et de l’obligation de réservation dans les TGV transforme le voyage en train en une aventure incertaine et rebutante. Le mouvement social actuel donne donc envie d’en finir une fois pour toutes avec cette société.

Pourtant, la seule vraie solution consiste à restaurer le service public du transport collectif. Quitte à s’affranchir des règles européennes, encadrer davantage le droit de grève dans l’entreprise, baisser et uniformiser le prix du billet et abandonner le tout TGV au profit des trains régionaux et Intercités.

Club des 100, Nouvelle Donne, Socialistes affligés, le retour de la gauche ?

Posté : 10 juin, 2014 @ 3:02 dans Politique | Pas de commentaires »

 Comme beaucoup de sympathisants de gauche, j’ai voté François Hollande en 2012 dans l’illusion qu’il saurait opérer une vraie rupture avec le quinquennat précédent : avec lui, pensais-je, la France retrouverait sa dignité perdue sous l’ère bling-bling de son prédécesseur et saurait réorienter la politique française et européenne en direction du vivre-ensemble et du progrès social. Deux ans plus tard, le constat est amer. L’exécutif s’est couché devant les institutions européennes et les puissances de l’argent. Le vivre-ensemble consiste, comme autrefois, à chasser les Roms jusque dans leurs campements. La pauvreté s’accentue sous l’effet des hausses de l’énergie et du gel des prestations sociales. Les éléments phares du programme socialiste (redressement productif, transition énergétique, rééquilibrage de la fiscalité) sont caviardés par des mesurettes ridicules (loi Florange), oubliés (impossible de citer une quelconque initiative en faveur de l’écologie) voire piétinés (hausse de la TVA, CICE).

La gauche se rebiffe

Mais, pour la première fois depuis la cinquième république, une centaine de députés issus de la majorité ont lancé un appel à l’exécutif après la nomination de Manuel Valls à la tête du gouvernement, certains d’entre eux allant jusqu’au refus de vote des lois les plus injustes. Lors des élections européennes, un mouvement nommé « Nouvelle Donne » a présenté des listes partout en France et obtenu un score tout à fait honorable pour un jeune parti, 3% en moyenne. Leur programme comprend des orientations parfois intéressantes telles la création d’une zone d’action entre des pays souhaitant coopérer plutôt que de se concurrencer ou de doter l’Union Européenne de ressources propres, mais aussi des propositions plus farfelues comme la création d’un « euro-franc » censé éviter la déflation (?). Ce dimanche, un nouveau club, les Socialistes Affligés, s’élève à son tour contre l’austérité  et la politique de l’offre « jamais délibérée dans une instance du PS » selon eux.

Toutes ces initiatives, bien que parcellaires et décousues, ont le mérite d’exister et de raviver la flamme d’un socialisme qui s’est perdu en route. Il reste trois ans pour peaufiner une offre politique crédible, unifier les idées des uns et des autres et proposer un programme réellement de gauche. Restera à le traduire en actes, sous l’impulsion d’hommes et de femmes de conviction.

6 juin 2014, le débarquement de la honte

Posté : 8 juin, 2014 @ 1:52 dans Europe, Monde, Politique, Société | Pas de commentaires »

6 juin 2014, le débarquement de la honte dans Europe jour-le-plus-long-1963-27-g

Pour ses 70 ans, le jour le plus long a été célébré de manière peu ragoûtante. Entre l’indécent monnayage des images des cérémonies par les deux chaînes (TF1 et France 2) qui ont obtenu l’exclusivité de leur réalisation et la présence d’un chef de guerre en activité, Vladimir Poutine, je ne saurai dire ce qui me fait le plus honte : la France, en tout cas, n’en sort pas grandie.

Bien entendu, le D-Day, comme disent les journalistes et les américains, est un fait marquant de notre histoire récente. Le sacrifice de milliers de soldats issus du monde libre et à qui nous devons d’être libérés du joug hitlérien mérite d’être rappelé et honoré, les hauts-lieux du débarquement se doivent d’être entretenus et cet évènement enseigné aux générations futures. Mais, alors que les survivants de cette époque s’éteignent les uns après les autres et que la paix règne entre les pays de l’Union Européenne depuis 1945, il me semble que l’on devrait tourner la page de ce fait d’armes qui, d’évidence, ne sera plus jamais reproduit.

2014, qui coïncide également avec le centenaire du déclenchement de la première guerre mondiale, représente l’année idéale pour accomplir une mutation mémorielle et célébrer la fraternité entre les peuples plutôt que les guerres du passé. Ce choix ne coûterait rien aux citoyens contrairement aux raouts de la semaine dernière! En France, les rituels déploiements militaires des 8 mai et 11 novembre pourraient être remplacés, en accord avec l’Europe, les États-Unis, l’Australie, mais aussi l’Afrique et l’Asie, par une journée dédiée à toutes les initiatives qui contribuent à renforcer les liens entre les humains: maintien de la paix, coopération, jumelages, entraide solidaire…. Cette journée serait l’occasion de rendre un hommage digne aux anciens combattants, à qui nous devons cette période unique de paix, sans pour autant dénaturer l’esprit de concorde universelle partagé à présent sur presque toute la planète.

Pourquoi ne pas choisir le 26 juin, jour de la création de l’ONU, ou le 9 novembre, jour de l’ouverture du mur de Berlin, à cette intention ? Quelle que soit la date retenue en remplacement de nos 8 mai et 11 novembre, je propose qu’elle soit proclamée jour férié et chômé dans tous les pays.

« Une nouvelle génération réclame avec raison un rôle primordial »

Posté : 2 juin, 2014 @ 7:34 dans Europe, Politique | Pas de commentaires »

 

« Une nouvelle génération réclame avec raison un rôle primordial » dans Europe Juan-Carlos-545x324

Juan Carlos est parti dignement. L’homme qui a conduit l’Espagne vers la démocratie a décidé ce lundi de tirer sa révérence après 39 ans de règne officiel. En réalité, il aura été aux responsabilités durant 7 ans seulement, de 1975 à 1982, le temps pour lui  d’extirper du pouvoir l’armée franquiste et de permettre à son peuple de prendre en main son destin.

L’allocution prononcée à l’occasion de son départ comporte des paroles qui devraient nous faire réfléchir, en particulier dans l’antépénultième paragraphe : « En forgeant cet avenir, une nouvelle génération réclame avec raison un rôle primordial… avec une nouvelle énergie, décidée à entreprendre avec détermination les transformations et les réformes que la conjoncture actuelle réclame et à affronter les défis de demain ».

Les générations d’hommes et de femmes de moins de 60 ans vivent aujourd’hui sous la coupe des plus anciens. La hausse vertigineuse de l’espérance de vie et le poids relatif des classes d’âge nées au milieu du siècle dernier a sclérosé nos sociétés européennes : les pouvoirs politiques et les patrimoines sont, pour l’essentiel, dans les mains des mêmes personnes depuis quarante ans voire davantage. Le phénomène de reproduction des élites, dont les grandes écoles sont la meilleure illustration, contribue encore à étouffer toute velléité de progrès social et économique dans nos pays, car ces élites pensent « vieux » depuis leur tendre enfance. Vieux comme le libéralisme, vieux comme les partis politiques traditionnels, vieux comme le système social français à bout de souffle.

La seule conséquence de cette sclérose est, pour l’instant, le rejet des partis par les électeurs.

Jusqu’au jour ou…

A moins que…

Tous les vieux qui s’accrochent au pouvoir entendent la parole du vieux sage espagnol.

 

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