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L'actu avec recul

Archive pour juillet, 2014

Tous voyeurs ?

Posté : 28 juillet, 2014 @ 1:54 dans Politique | Pas de commentaires »

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« Tous pourris »

Cette expression, je la lis et l’entends tous les jours s’agissant de la classe politique. Rien n’est plus faux, même si les agissements d’un certain nombre d’entre eux accréditent parfois cette thèse. L’an dernier, la révélation des comptes suisses du ministre du budget Jérôme Cahuzac a provoqué l’élaboration en urgence de la loi relative à la transparence de la vie publique publiée le11 octobre 2013. Cette loi a créé une autorité administrative indépendante, la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) chargée de « promouvoir la probité des responsables publics ». Plus de 8000 titulaires de mandats exécutifs ont du lui adresser une déclaration d’intérêts et d’activité censée éviter les conflits d’intérêts entre leurs mandats et leur vie privée. Si l’intention du législateur était louable en soi, elle me semble contrevenir au respect de l’intimité des élus et, plus grave, de celle de ses proches. D’autant que son article 5 impose la publication en ligne de ces déclarations au contenu très intrusif.

Un mauvais service rendu à la démocratie

Depuis le 23 juillet dernier, les déclarations des députés et sénateurs sont accessibles sur le site de la HATVP. Ces formulaires de 6 pages comprennent 11 paragraphes, qui ne présentent souvent aucun intérêt par rapport à l’objectif suivi. Ainsi du n°2 « les activités professionnelles ayant donné lieu à rémunération ou gratification exercées au cours des 5 dernières années » : le montant de ces rémunérations n’apporte aucune information pertinente par rapport à un éventuel conflit d’intérêt susceptible d’influer sur le vote du député ou du sénateur. Plus grave, le n°7 révèle la profession du conjoint, alors même qu’il n’est pas élu. Le n°9 donne même le nom des collaborateurs parlementaires, pourtant simples salariés. D’autres informations contenues dans le formulaire, comme la participation du parlementaire aux organes dirigeants d’organismes publics ou privés (n°4) ou les mandats électifs détenus (n°8) auraient certes pu éclairer l’électeur au moment du vote, mais je ne vois pas l’intérêt de les publier en cours de mandat.

En définitive, le fait de jeter en pâture la vie passée et présente des élus de la République n’apporte rien à la démocratie. Qu’une Autorité Administrative Indépendante exerce un pouvoir de contrôle et de vérification sur la compatibilité entre intérêts privés et publics des parlementaires, pourquoi pas. Que tout un chacun puisse éplucher leur vie privée les transforme en acteurs de téléréalité, au nom d’une transparence qui confine au voyeurisme.

Ces nouveaux maires qui ont 40 ans de retard

Posté : 24 juillet, 2014 @ 5:18 dans Politique, Société | Pas de commentaires »

Ces nouveaux maires qui ont 40 ans de retard dans Politique embouteillage

Voilà qui va rappeler des souvenirs aux lecteurs de ma génération (et des précédentes) : l’aménagement des villes, à l’époque des Trente Glorieuses, consistait essentiellement à concevoir des pénétrantes, ces grands boulevards urbains à multiples voies de circulation qui amenaient nos sacro-saintes voitures au centre-ville. Pour se faire, les édiles rabotaient les trottoirs, abattaient les arbres et supprimaient les transports en commun en site propre. A compter du deuxième choc pétrolier, des maires courageux et visionnaires parmi lesquels Jean-Marc Ayrault, Catherine Trautmann et Bertrand Delanoë, ont conduit des politiques radicalement différentes : création de nouvelles lignes de tramway, de réseaux de pistes cyclables et de voies piétonnes en centre-ville en lieu et place du tout-automobile. Toutes les agglomérations (ou presque) ont imité ce modèle qui, lorsqu’il a été mis en œuvre de manière intelligente, a redynamisé les centres-bourgs étouffés par les gaz d’échappement.

Ces dernières lignes étaient exactes jusqu’au printemps 2014, car les élections de mars dernier ont mené au pouvoir un certain nombre de maires réactionnaires, nostalgiques de cette époque ou le cheval-vapeur régnait en maître dans les centres-villes.

Les exemples régressifs sont nombreux. On peut citer la ville de Pau, qui vient d’élire François Bayrou : l’une des premières mesures du nouveau maire a consisté à dépietonniser deux rues http://www.pau.fr/evenement/2288/7-circulation-quatre-secteurs-modifies-en-centre-ville.htm. A Auray, c’est une place qui vient d’être rouverte à la circulation http://www.auray.fr/cadre-de-vie/cadre-de-vie-actualites/ sous prétexte d’améliorer le flux de véhicules en centre-ville. Plus grave, la première magistrate d’Amiens Brigitte Fouré enterre le projet de tramway initié par ses prédécesseurs, pendant que ses collègues d’Avignon, Toulouse et Caen remettent en cause leur extension.

Tous ces édiles appliquent la phrase célèbre de l’ancien président « L’écologie, çà commence à bien faire ». Englués dans un clientélisme de mauvais aloi, ils font fi d’une réalité qui nous rattrape : l’automobile est condamnée à moyen terme faute de pétrole en quantité suffisante. Ils se moquent aussi du bien-être des populations, particulièrement des pauvres, tributaires de la marche à pied, du transport en commun et du vélo. Certains, comme à Toulouse, poussent le cynisme jusqu’à augmenter parallèlement les prix du transport http://www.toulousenews.fr/article.Toulouse-les-tarifs-des-transports-en-commun-vont-augmenter.112889.tlse .

40 ans de retard.

Une réforme territoriale mal née et mal ciblée

Posté : 21 juillet, 2014 @ 10:43 dans Politique | Pas de commentaires »

Une réforme territoriale mal née et mal ciblée  dans Politique carte-de-france

Pour égayer notre été, notre président nous propose un puzzle interactif sur la carte de France. En formule simple, il comprend 22 pièces que chacun peut fusionner à son gré. Une deuxième version, non autorisée mais qui fait fureur, se joue à 101 morceaux. Quel succès : depuis un mois, députés, sénateurs, présidents de conseils régionaux ou départementaux s’adonnent avec passion à ce nouveau jeu, au point d’oublier que la fusion des régions n’est qu’un point de détail du projet de réforme territoriale porté par l’exécutif.

Un chantier lancé à la va-vite sous la pression de Bruxelles

Lors de sa campagne, François Hollande s’était engagé à redresser les comptes de la France par le rééquilibrage de la fiscalité et la négociation avec l’Europe afin d’éviter l’application trop brutale des critères de Maastricht en France. On connaît la suite : le grand soir fiscal n’a pas eu lieu et le président s’est couché devant les exigences allemandes et britanniques, moyennant un maigre délai de deux ans pour résorber le déficit des comptes publics. La stagnation de l’économie, dont la cause lui est partiellement imputable (hausse de la TVA, gaspillage de dizaines de milliards au profit des patrons) rend impossible la tenue du calendrier prévu. En début d’année, la Commission Européenne montre les dents. Une fois encore, l’exécutif fait carpette, comme un toutou au pied de son maître. Reste à trouver 50 milliards d’économies budgétaires pour le satisfaire.

Dans ce cadre, les collectivités locales sont mises à contribution pour 11 milliards. Les hauts fonctionnaires triturent leur cerveau énarchien et pondent en quelques semaines un projet de restructuration territoriale qui repose sur 3 volets : le regroupement des régions, la suppression des départements et une nouvelle carte intercommunale.

Un projet incohérent et confus…

Selon le site Internet du gouvernement, la réforme territoriale conduirait les régions à être « plus fortes aux compétences affirmées ». Voire. Plus fortes peut-être, si l’on part du principe qu’étant moins nombreuses elles pèseraient davantage qu’avant sur la scène européenne. Leur confier l’exclusivité de certaines compétences comme le soutien aux entreprises et la formation professionnelle, auxquels s’ajouteraient les anciens domaines d’intervention des conseils généraux (entretien des collèges, transports collectifs sur route…) donne aussi du poids à cette affirmation. Cependant, la perte de la clause de compétence générale affaiblira nettement leur pouvoir dans la France de demain. De plus, la suppression envisagée des départements suppose une réforme constitutionnelle qui, pour être adoptée, nécessitera l’approbation des trois-cinquièmes des parlementaires. Ce qui est loin d’être acquis.

Le volet concernant l’intercommunalité est encore plus critiquable dans la forme comme dans le fond. Alors que nombre d’intercommunalités viennent seulement de naître (le 1er janvier dernier), il faudrait tout reprendre et les regrouper en entités d’au moins 20 000 habitants d’ici 2018. Outre le fait d’avoir à construire ces structures dans un délai très court, leur taille minimale n’a aucun sens en zone rurale. A titre d’exemple, il subsisterait 4 intercommunalités dans toute la Lozère : leur superficie moyenne sera de 1250 km², la moitié de l’île de la Réunion, douze fois celle de la capitale ! Certes, des dérogations devraient éviter une telle architecture dans ce département, mais je vois mal comment l’on pourrait assurer un service de proximité sur des territoires par trop étendus.

… qui ne résout pas le problème du millefeuille

Plus ennuyeux, les compétences intercommunales resteront différentes en fonction des options retenues par les élus. On a vu mieux en terme de simplification administrative.

Le millefeuille territorial va parallèlement s’enrichir avec la création des métropoles, sortes d’hybrides entre intercommunalité et département. 14 d’entre elles doivent naître d’ici 2016 selon une loi de … janvier 2014. Que deviendront-elles selon le nouveau projet, nul ne le sait.

Enfin, il n’est aucunement question de supprimer les 36 000 communes actuelles, ni les 12 000 syndicats intercommunaux qui coûtent très cher en personnel et en bâtiments. L’unification rationnelle de ces trop petites structures serait pourtant la bonne solution si l’on souhaite réaliser des économies dans le fonctionnement institutionnel local.

Au lieu de s’étriper sur la carte régionale, nos élus feraient mieux de proposer une réforme intelligente plutôt que ce salmigondis qui créera plus de problèmes qu’il ne va en résoudre.

La conscription de retour ?

Posté : 15 juillet, 2014 @ 6:05 dans Politique, Société | Pas de commentaires »

La conscription de retour ? dans Politique latroupe

La professionnalisation des armées décidée en 1996 par Jacques Chirac (une des rares bonnes choses qu’il ait faites) a entraîné la suppression du service militaire obligatoire. La conscription, qui servait à l’origine à fournir de la chair à canon à l’armée, était depuis la fin de la guerre d’Algérie une période de travail gratuit (la solde était d’environ 500 francs mensuels) que devait accomplir tous les hommes à leur majorité. Cette mesure divisa la France en deux camps irréductibles : d’un côté les jeunes, enfin débarrassés de la corvée d’État, et les nostalgiques de l’embrigadement prétendument citoyen. Dès 2006, la droite version De Villepin mit en place un service civil volontaire, avec l’ambition de le rendre obligatoire à terme. Le bon sens et l’affaiblissement du pouvoir de l’époque empêcha heureusement ce projet d’aboutir.

Ce service civil, peu prisé, fut remplacé en 2010 par un nouveau dispositif censé promouvoir le lien social, la mixité et la citoyenneté. Voté à l’époque par la gauche non communiste et la droite réunis, le service civique prévoit que des jeunes volontaires s’engagent dans une mission d’au moins 24 heures hebdomadaires durant 6 à 12 mois auprès d’associations ou de collectivités territoriales. Neuf domaines d’interventions sont ciblés, de la culture à la santé en passant par l’action humanitaire ou l’intervention d’urgence. Le volontaire ne bénéficie pas de la protection du Code du travail et est rémunéré 573 euros par mois, quelle que soit d’ailleurs le nombre d’heures effectuées ! La loi prévoyait, comme par hasard, de le rendre obligatoire à compter de 2012. Ce volet législatif n’a cependant jamais connu de début d’exécution.

Les tenants de la réaction ne s’avouent cependant pas vaincus. Le dernier coup en date est venu de François Chérèque, actuel directeur de l’Agence du Service Civique, auteur d’un rapport intitulé « Liberté, Égalité, Citoyenneté : un Service Civique pour tous » remis à Najat Vallaud-Belkacem le 10 juillet dernier. Interrogé sur l’objectif fixé par François Hollande d’intégrer 100 000 personnes par an dans ce dispositif, François Chérèque disserte longuement sur les problématiques budgétaires à résoudre et rappelle que (page 12) le service civique « n’est pas un dispositif d’insertion dans l’emploi ». Je suis d’accord sur ce point avec lui : il s’agit d’un pis-aller pour ne pas crever de faim, un moyen provisoire d’action dans la société mais qui n’apporte rien en terme de construction de vie professionnelle ou d’acquisitions de compétences. François Chérèque propose quelques pistes pour le rendre plus attractif, comme d’aider à l’acquisition du permis de conduire : pourquoi pas, mais cela ne résoudra pas la question centrale du manque de débouchés pour les jeunes de 16 à 25 ans exclus du monde du travail.

Si le rapport s’arrêtait là, il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat. Malheureusement, la conclusion laisse augurer d’un retour de la vieille tentation d’asservir la jeunesse au service de l’État. François Chérèque s’interroge (page 36) sur la possibilité de dépasser l’objectif initial en ces termes : « Demain, la question à tous les jeunes de notre pays doit être non plus : pourquoi as-tu fait ton service civique ? mais : pourquoi ne l’as-tu pas fait ? » Il se garde bien de trancher la question de l’obligation en se défaussant sur les politiques mais ajoute ceci « Le service militaire obligatoire est regretté par nombre de nos concitoyens car il représentait bien, à tort ou à raison, ce sentiment d’unité nationale et de moment de mixité sociale. Le service civique pour le plus grand nombre peut combler cette frustration (!!!) en plus de répondre à de nombreux besoins que notre pays ne peut satisfaire pour des raisons évidentes de moyens ». Pour lire le rapport dans son intégralité suivez le lien : http://www.service-civique.gouv.fr/sites/default/files/chereque_liberte_egalite_citoyennete_un_service_civique_pour_tous.pdf

Information à faire tourner d’urgence.

Une guerre sans fin par manque de courage politique

Posté : 13 juillet, 2014 @ 1:57 dans Monde, Politique | Pas de commentaires »

Une guerre sans fin par manque de courage politique dans Monde acc_2-111

L’Europe a connu la Guerre de Cent ans ; au Proche-Orient, depuis plus de trois générations, douze millions de personnes se disputent un territoire de la taille de la Bretagne, sans aucun espoir d’accord de paix durable faute de volonté politique internationale.

On oublie trop souvent l’origine de la guerre israélo-palestinienne. A l’issue du premier conflit mondial, la Société des Nations, ancêtre de l’ONU, transfère la Palestine ottomane à une administration britannique favorable à la création d’un « foyer national juif » autour de Jérusalem. Dès lors, nombre d’entre eux viennent s’y installer, non sans heurts avec les autochtones. L’horreur nazie encourage le mouvement et, poussée par le sentiment de culpabilité des Alliés de n’avoir su empêcher le génocide des juifs européens, l’Assemblée générale de l’ONU vote le 29 novembre 1947 la résolution 181 prévoyant l’établissement en Palestine de trois entités : un état juif, un état arabe et un secteur autour de Jérusalem sous contrôle international.

La résolution déclenche la colère des pays voisins de la Palestine qui dès le lendemain envahissent le pays. Les juifs, soutenus massivement par les États-Unis, gagne la guerre et créent unilatéralement l’État d’Israël le 14 mai 1948. Plus de 700 000 palestiniens fuient ou sont expulsés et s’entassent dans des camps, principalement au Liban, en Syrie et Jordanie, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. L’armistice signé en 1949 entre les belligérants ne sera jamais totalement respecté.

Depuis lors, aucune tentative de résolution du conflit n’a pu aboutir. Israël, fort du soutien inconditionnel des États-Unis, impose aux Palestiniens des conditions de vie que le monde n’a jamais accepté ailleurs : blocus terrestre et maritime, implantation de colonies sur les terres les plus riches de Cisjordanie et de Gaza. De leur côté, les Palestiniens n’ont cessé de harceler le nouvel état par des attentats et des tirs de roquettes sur les villes israéliennes. Depuis l’échec des accords d’Oslo, les deux camps se sont encore radicalisés. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, qui dirige Israël en coalition avec des extrémistes religieux et nationalistes, refuse toute négociation avec ses homologues palestiniens. Depuis 2007, la bande de Gaza est contrôlée par une organisation terroriste et antisémite, le Hamas, dont la destruction de l’état d’Israël tient lieu de ligne politique.

Lundi, un énième incident a rallumé l’incendie qui couve depuis 66 ans. Une fois encore, le Hamas envoie des roquettes sur les civils israéliens et l’armée israélienne se venge en bombardant les palestiniens. La communauté internationale, fidèle à ses mauvaises habitudes, ne réagit pas, ou si peu. Barack Obama appelle au cessez-le-feu mais maintient l’aide militaire à Israël, l’ONU se réunit sans décider quoi que ce soit. Passons sur la réaction de François Hollande…

Il y a pourtant une solution : appliquer enfin la résolution 181 qui garantit le droit des deux peuples à disposer d’une terre où vivre en paix.

L’étau se resserre autour de l’exécutif, à quand le clash ?

Posté : 10 juillet, 2014 @ 6:18 dans Politique | Pas de commentaires »

L’étau se resserre autour de l’exécutif, à quand le clash ? dans Politique

La descente a été vertigineuse. Il y a deux ans ! Les élections présidentielles et législatives parachevaient la prise de pouvoir de la gauche dans notre pays. François Hollande pouvait alors compter sur 331 députés élus sous l’étiquette majorité présidentielle : 280 PS, 12 PRG, 17 écologistes et 22 divers. Au Sénat, les groupes socialistes, RDSE (radicaux de gauche), écologistes et Communistes Républicains et Citoyens totalisaient ensemble 168 membres, à 6 voix de la majorité absolue. Le chef de l’exécutif pouvait aussi se targuer du soutien des collectivités locales : 21 régions sur 22 gérées par la gauche, tout comme 61 des 101 départements et la plupart des communes importantes. Las : de renoncement en reculade puis en mauvais choix, le « président normal » a perdu les élections intermédiaires (législatives partielles et municipales notamment) et s’est mis beaucoup de monde à dos. Pis : il doit désormais composer avec un Parlement frondeur.

C’est une bonne nouvelle pour la démocratie. La Cinquième République, en réaction avec la précédente, donnait l’essentiel du pouvoir aux instances exécutives. De fait, l’expression de « godillot » qualifiait bien la fonction législative depuis 1958, tout du moins jusqu’aux élections sénatoriales de 2011. Cette année-là, la Haute Assemblée basculait à gauche pour la première fois de son histoire et a, dès lors, joué un rôle de proposition voire d’opposition envers l’exécutif, n’hésitant pas à voter un contre-budget pour 2012 et à rejeter nombre de projets de loi gouvernementaux. A l’Assemblée nationale, une nouvelle génération de députés plus militants que politiques (au sens politicien du terme) fait entendre sa voix et refuse d’avaliser des projets allant à l’encontre de ses convictions. Exemple le plus récent : mardi, 51 d’entre eux, PS, Verts et divers gauche, se sont abstenus lors du vote du projet de loi de financement rectificative de la Sécurité Sociale, adopté par 18 voix de majorité seulement. Le vent du boulet n’est pas passé loin. L’on peut y ajouter la difficile validation du choix présidentiel de Jacques Toubon comme nouveau Défenseur des Droits: les 33 voix contre proviennent de son propre camp.

Les ennuis du gouvernement ne s’arrêtent pas là. Ce même mardi, la conférence sociale a été boycottée par quatre des principaux syndicats dits « représentatifs », en réaction à l’annonce par Manuel Valls du report du compte pénibilité, l’un des rares points positifs obtenus par eux durant les précédents rounds de négociation. Le sentiment, justifié, d’une capitulation d’État devant le grand patronat n’encourage pas au dialogue social, qui devait être un axe fort du quinquennat.

François Hollande peut s’estimer heureux que les parlementaires et les syndicats se contentent jusqu’à présent de postures offensives sans aller jusqu’au clash. A quand le rejet d’une loi à l’Assemblée Nationale ou l’appel à la grève générale ?

Je ne souhaite pas que cela arrive, mais cette issue est inévitable si le président s’obstine à conduire une politique de droite après avoir été élu par la gauche.

Une coupe du monde entre allégresse et scandale

Posté : 6 juillet, 2014 @ 2:54 dans Monde, Société | 1 commentaire »

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La belle épopée des Bleus

Ces deux dernières semaines, la France s’est offert une cure de jouvence, remake de cette année magique où la société toute entière célébrait dans l’allégresse le sacre de 23 footballeurs champions du monde du ballon rond, de la confiance en l’avenir et de la diversité. L’équipe de France 2014 a certes connu un parcours moins glorieux qu’en 1998, mais l’élimination en quart de finale n’a rien d’infâmant face à une Allemagne plus expérimentée. Si l’on peut nourrir des regrets face à certains faits de jeu, le groupe sélectionné par Didier Deschamps a montré un état d’esprit collectif et une combativité qui a fait honneur à la nation. Le parcours des Bleus, de bon augure pour l’Euro 2016, a malheureusement occulté le drame vécu depuis deux ans par les habitants du pays organisateur.

Les Brésiliens paient le Tournoi au prix fort

L’accueil d’un évènement sportif mondial nécessite de lourds investissements d’infrastructures sportives, de transport et d’hôtellerie. Selon les estimations publiées ces derniers jours, la dernière coupe du monde bat tous les records en la matière, 8 milliards d’euros au total, pour un mois de compétition. La construction des 12 stades où se déroulent les épreuves a coûté à elle seule près de la moitié de cette somme, sans grand espoir d’être rentabilisée un jour même si le football était jusqu’à présent une religion pour les brésiliens. Jusqu’à présent du moins, car ces nouveaux stades ont chassé des centaines de milliers d’habitants pauvres de leurs favelas. De plus, le gouvernement, mu par la volonté de montrer un pays « présentable » aux visiteurs du monde entier, mène une répression féroce contre ces mêmes habitants : l’armée patrouille dans les villes, comme à l’époque de la dictature militaire. De nombreuses manifestations, motivées par l’augmentation croissante des inégalités, ont d’ailleurs émaillé les préparatifs de la compétition, à laquelle l’immense majorité de la population n’a pas pu participer compte tenu des prix des billets : 66 euros pour un match de poule, jusqu’à 727 pour la finale.

Je finis donc cet article par un mea culpa. J’aurai du dire non à un spectacle générateur de souffrances inacceptables pour des millions de citoyens. Le pire est que je ne suis pas sûr d’être plus lucide en 2018.

La dette publique n’est plus soutenable. La seule solution : remettre les compteurs à zéro

Posté : 4 juillet, 2014 @ 4:39 dans Monde, Politique | Pas de commentaires »

La dette publique n’est plus soutenable. La seule solution : remettre les compteurs à zéro dans Monde dollars

L’endettement public au sens moderne du terme a débuté lors de la formation des états-nations, à la fin du Moyen-âge. Ces états, dont l’existence est devenue indépendante de ses dirigeants, ont émis dès le 14ème siècle des emprunts en leur nom propre. Sept cents ans plus tard, tous les pays de la planète, mais aussi leurs déclinaisons (locales ou spécialisées) ont recours à ce mode de financement pour investir. Ce recours au crédit par les collectivités a été bénéfique à long terme jusqu’au premier choc pétrolier : la levée d’argent auprès des particuliers et des investisseurs a permis d’accélérer le développement d’infrastructures et d’équipements d’intérêt général qui ont boosté la croissance mondiale en générant des besoins de construction et d’entretien de ces réalisations.

1974 a marqué un tournant économique majeur, suite au triplement du prix du pétrole. Premiers touchés, les états africains et latino-américains, confrontés à la chute des cours des matières premières, ont eu alors recours à l’emprunt pour assurer leurs frais de fonctionnement. Les pays dits développés, en Europe de l’Ouest et Amérique du Nord, sans oublier le Japon, ont aussi creusé leurs déficits publics pour cette raison mais dans une moindre mesure.

Depuis 2007, l’effondrement du capitalisme financier consécutif à la crise des subprimes a provoqué un emballement du crédit à l’échelle planétaire au point que, selon la Banque des Règlements Internationaux, la dette publique mondiale était de 6000 dollars (4400€) par citoyen fin 2013. Sachant que le PIB annuel moyen par habitant (source FMI) est estimé à 9000§ (6600€), la rembourser intégralement supposerait que chaque citoyen, bébés et vieillards compris, travaillent gratuitement durant 250 jours !

L’austérité mène au désastre

Lors des premiers défauts de paiement dans les années 1980, les banquiers internationaux, FMI en tête, ont tenté de forcer les états défaillants à rembourser une dette devenue insupportable. Les citoyens africains ont été les premières victimes des programmes d’ajustement structurel qui consistaient à réduire drastiquement les services publics et les subventions aux produits de première nécessité. Avec pour conséquence l’appauvrissement généralisé de la population et l’accroissement des inégalités à l’intérieur des pays et en comparaison avec leurs voisins. Sans pour autant obtenir le résultat espéré (la réduction de l’endettement) comme le prouve l’exemple plus récent de la Grèce. En 2008, la dette publique de ce pays s’établissait à 121,3 milliards de dollars (89,16 Mds€) ; le PIB par habitant s’élevait à 29 604§ (21 716€). Quatre ans plus tard, la dette atteignait 164,2 Mds§ (120,7 Mds€) malgré l’effacement dune partie importante de celles-ci. Dans le même temps, le PIB par habitant a chuté de près d’un quart (25 309§, 18 604€) en raison des conditions délirantes imposées par ses créanciers.

Et en France ?

Sans être catastrophique, l’endettement public de notre pays s’avère préoccupant. Selon la note de l’Insee sur le sujet parue le 30 juin dernier, il frôle désormais les 2000 Mds€, soit 27 000€ par habitant. A noter que l’État est le mauvais élève en la matière : sa dette s’est accrue de 45,5 Mds€ au premier trimestre 2014) alors que celle des collectivités locales, à qui le même État veut couper les vivres, ont dans le même temps stabilisé la leur. Le gaspillage des ressources disponibles (CICE, pacte dit de responsabilité) engendre même de nouveaux besoins de financement, qu’il faudra combler… par l’emprunt, en raison de rentrées fiscales plus faibles que prévu. Au risque de nous retrouver un jour dans la même situation que notre voisin du Sud.

La seule solution : remettre les compteurs à zéro

Se voiler la face, comme le font les tenants du capitalisme financier, retarde simplement l’inéluctable. D’évidence, l’endettement public mondial ne pourra jamais être résorbé. Les états, étranglés par les intérêts et le nominal des emprunts contractés, seront tous (ou presque) en défaut de paiement dans les années qui viennent. L’unique solution permettant d’éviter un crash planétaire consiste donc en l’apurement de la majorité voire de la totalité de ces emprunts. Quitte à ruiner les banques d’affaires, ces prédatrices qui sucent la moelle économique des pays depuis des décennies. Une fois cette remise à plat effectuée, de nouvelles règles de financement excluant spéculation et taux d’intérêt usuraire pourront être adoptées à l’échelle planétaire. La survie de nos sociétés et l’avenir de nos enfants .en dépend.

 

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