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L'actu avec recul

Archive pour août, 2014

Une crise institutionnelle, un président aux abois et un épouvantail

Posté : 27 août, 2014 @ 4:10 dans Politique | Pas de commentaires »

A l’instar des écoliers, les chaînes d’information continue consacrent habituellement la dernière semaine d’août à la préparation d’une rentrée politique ponctuée par les universités d’été des différents partis. Cette année, la parution du livre de Cécile Duflot, la tribune d’Arnaud Montebourg parue dans le journal Le Monde mercredi dernier et les discours des deux ministres de l’Économie et de l’Éducation lors de la fête de la rose ont fait éclater la crise institutionnelle qui couvait depuis la malheureuse nomination du premier ministre Manuel Valls par un président aux abois en seulement deux années de mandat.

François Hollande et son entourage immédiat, dont les références culturelles se limitent à l’énarchie, la haute fonction publique et la tambouille politicienne, vivent dans une bulle à mille lieues de la société réelle, des citoyens et de leurs représentants chargés au Parlement de faire la loi. Ils ne voient pas l’exaspération de tous ceux qui, depuis plus de 30 ans, subissent la panne de l’ascenseur social, la hausse constante des dépenses contraintes, l’inflation des normes, l’insidieuse réduction des libertés individuelles, en un mot le déclin. Ils n’entendent pas la colère des électeurs, floués par ce même président qui s’est fait élire avec un programme de gauche et qui inflige au pays une politique économique dictée par la finance et ses alliés. Ils ignorent que les élus, beaucoup d’entre eux en tout cas, refusent d’être des godillots, courbant l’échine au moindre froncement de sourcils du prince régnant. Ils accumulent les échecs, se couchent devant les multinationales et les détenteurs insolents d’une richesse acquise en suçant la moelle des peuples par le biais du crédit usuraire. Ils perdent leurs soutiens, au point de former un gouvernement fragile qui peut être renversé à tout moment s’il persiste dans la voie poursuivie jusque là.

A cet égard, la nomination d’Emmanuel Macron au ministère de l’économie (exit le redressement productif) a tout de la provocation, tant son parcours fait figure d’épouvantail. Énarque, normalien, inspirateur des CICE et pacte de responsabilité, ancien banquier d’affaires, n’en jetons plus ! L’homme a tenu un discours plutôt rassurant lors de la passation de pouvoir de son prédécesseur et peut, qui sait, jeter la bouillie libérale de son éducation et défendre une politique réaliste une fois les mains dans le cambouis. Espérons-le, car lui et ses collègues sont condamnés à réussir très vite, sous peine de décrédibiliser la gauche pour de très longues années.

Le calvaire des migrants

Posté : 24 août, 2014 @ 2:21 dans Politique, Société | Pas de commentaires »

Les temps changent. 12 ans après la fermeture d’un centre d’accueil des migrants par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, la maire UMP de Calais Natacha Bouchart réclame l’ouverture d‘un nouveau Sangatte. Non pour des raisons humanitaires, mais pour éloigner les demandeurs d‘asile qui affluent dans cette ville porte d’entrée vers le Royaume-Uni.

En théorie, un demandeur d’asile est protégé par la convention de Genève de 1951. La France, comme tous les États de la planète, se doit d’accueillir humainement toute personne « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. » selon l’article premier de cette convention. Dans les faits, obtenir le statut de réfugié relève à la fois de la loterie et du parcours du combattant. Après un voyage long et périlleux, les migrants parviennent dans un pays dont ils ne maîtrisent pas la langue le plus souvent et où ils sont harcelés et traités comme des chiens par des fonctionnaires débordés et sans moyens, des autochtones indifférents voire hostiles et des associations qui tentent avec des bouts de ficelle d’adoucir leur sort en leur fournissant de la nourriture mais ne peuvent offrir un toit faute de lieux adaptés et de volonté politique de l’État. Pourtant, les procédures peuvent être très longues, plusieurs années pour la plupart d’entre eux, avant de pouvoir être acceptés pleinement sur le territoire français. France inhumaine, Europe égoïste et frileuse, citoyens incapables de comprendre que ces êtres humains ont bravé mille dangers pour assurer leur avenir et celui de leurs enfants. Si nous étions nés en Somalie ou en Érythrée, nous pourrions être à leur place !

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Un projet de loi visant à améliorer le traitement des demandes d’asile a été exposé par Bernard Cazeneuve au conseil des ministres le 23 juillet. Il prévoit la réduction des délais de traitement des demandes, la présence d’un conseil lors des entretiens avec les policiers et la création d’un recours suspensif en cas de refus. Mais il oublie deux éléments essentiels concernant les réfugiés : les moyens mis à disposition pour héberger ces personnes dans des conditions correctes, et la révision de la liste des pays dits « sûrs » : actuellement, cette liste comprend 17 états dont le Kosovo ou la Géorgie pourtant sujets à des tensions inter-communautaires ou à une guerre civile.

J’attends aussi un engagement fort du « premier flic de France », qu’il bannisse une fois pour toutes la politique du bulldozer contre les campements de fortune installés faute de mieux par les migrants. Qu’ils soient demandeurs d’asile ou non.

Le populisme illustré par une élue UMP

Posté : 21 août, 2014 @ 6:57 dans Politique, Société | Pas de commentaires »

Nadine Morano passe ses vacances en Provence : grand bien lui fasse. Bronzer sur la plage ne l’empêche pas de publier ses « pensées » sur sa page Facebook, comme ce lundi avec un billet intitulé « Bardot en bikini et la femme voilée sur la plage ». Elle y raconte avoir été saisie par le contraste entre l’image véhiculée par l’ex-symbole de la libération sexuelle dans les années 1960 (soutien du Front National à présent, ce qu’elle omet de signaler) et celle d’une femme assise sur le sable vêtue de la tête aux pieds. Elle s’en offusque avec raison. La pauvre femme véhicule l’image dégradante, choquante, d’un corps entravé par le machisme imbécile et rétrograde, cette culture nauséabonde qui n’a pas sa place au 21ème siècle. Que ce soit dans notre pays ou ailleurs.

Nadine Morano ne s’arrête pas là. Elle évoque les progrès effectués vers l’égalité des droits avec une partialité qui frise le ridicule : ainsi met-elle en avant des réformes de droite (lois Neuwirth et Weil notamment) mais pas de gauche (lois Roudy par exemple). Pas un mot sur la parité électorale que n’applique pas son propre parti. Plus grave, elle assimile le triste spectacle qu’elle nous fait partager à une religion, l’islam, alors que ces pratiques vestimentaires relèvent d’une pratique culturelle indépendante des préceptes du Coran. De la part d’une ancienne ministre, on aurait pu espérer un juste constat des choses, le rappel sans ambiguïté des valeurs de la République et des propositions pour remédier aux injustices subies par les femmes de notre pays.

Au lieu de cela, Nadine Morano photographie la jeune femme à son insu, relate une scène en l’interprétant de manière subjective, voire ridicule (cf. le corps bien fait de l’homme parti se baigner) et de stigmatiser une religion dont la grande majorité des croyants appliquent au quotidien la devise républicaine et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Sa tribune est une illustration du populisme, cette construction pernicieuse de la parole publique qui surfe sur les sentiments les plus bas et la recherche systématique du bouc émissaire. Une rhétorique que Marine Le Pen et ses homologues européens pratiquent depuis longtemps, avec hélas un certain succès.

La France marche sur la tête

Posté : 20 août, 2014 @ 2:45 dans Politique | Pas de commentaires »

La France marche sur la tête dans Politique Photo7103

Avant les vacances, le gouvernement a joué les Cassandre : la rentrée, disait-il, serait faite de sueur et de larmes. Croissance, chômage, pouvoir d’achat, investissement, tous les indicateurs sont en effet à l’orange vif, voire au rouge.

La faute à qui ?

On ne peut détacher la France du monde qui l’entoure. Sur le plan économique, la planète continue à progresser, mais se trouve confrontée à deux problèmes qui remettent en cause son développement : la production du pétrole qui ne peut plus augmenter en raison de la diminution des ressources, et la croissance accélérée des pays asiatiques à l’origine de la hausse des prix des matières premières, minérales et agro-alimentaires. L’idéologie ultralibérale aggrave la situation. La finance, dont le rôle initial est de soutenir l’investissement, est devenue une source de profit déconnectée de l’appareil productif basée sur la spéculation et l’accaparement des richesses produites par les banques, assurances, fonds de pension et multimilliardaires qui gangrènent l’humanité. Cette finance est l’unique responsable des crises qui ravagent les pays développés, singulièrement en Europe, depuis 2008.

Dans ce contexte, la France s’en sort plutôt bien. Non grâce à l’Union Européenne, mais à notre modèle social qui amortit, malgré ses imperfections et les attaques subies depuis Maastricht, les effets délétères des contractions de l’économie. En 2012, François Hollande « La finance, notre ennemi » a été élu pour défendre et relancer ce modèle social qui repose sur la mutualisation des ressources au travers des entreprises publiques et des régimes sociaux. La désillusion n’en ait que plus amère. Alors que différentes études prouvent que la consommation, moteur traditionnel de la croissance, est en berne au profit de l’épargne, que le CICE aboutit à la distribution de dividendes au lieu de booster l’investissement, l’exécutif persiste et signe. L’imbécile politique dite « de l’offre » sera poursuivie malgré les avertissements de l’INSEE, des économistes éclairés et des citoyens qui rejettent massivement ce choix dans les sondages et dans les urnes. Au risque de crasher notre pays dans le mur de la paupérisation généralisée et de la prise de pouvoir par les populistes du Rassemblement Bleu Marine.

Que faire?

Il n’y a pas de fatalité à cette situation. Remettre les choses à l’endroit nécessite trois qualités : le courage politique, l’audace et le pragmatisme. Le courage politique de s’opposer aux ultralibéraux et lobbys financiers, l’audace de saisir l’argent de la spéculation pour l’investissement public et privé, en particulier pour mettre en œuvre la transition énergétique et la relocalisation des activités industrielles et de production, du pragmatisme pour assurer un équilibre entre intérêts général  et particulier. Un certain nombre de parlementaires, d’économistes, d’entrepreneurs et de parfaits inconnus possèdent ces trois qualités et proposent des solutions. Il est temps de les entendre.

Pour changer de la politique

Posté : 15 août, 2014 @ 10:30 dans Non classé | Pas de commentaires »

Les peuls ont élaboré une culture orale d’une grande spiritualité. Le conte qui suit est extrait du livre d’Amadou Hampaté Ba « Petit Bodiel et autres contes de la savane », apporte une réponse au mystère des couples mal assortis.

 Pourquoi les couples sont ce qu’ils sont

Quand Dieu eut fini de créer le genre humain, il distribua les vertus et les défauts chez les hommes comme chez les femmes.

Un jour, il fit venir auprès de lui toutes les femmes. Il leur dit :

-        Ô Femmes ! Regardez à l’horizon et dites-moi ce que vous voyez.

-        Seigneur, répondirent-elles, nous voyons un soleil radieux se lever sur la terre. Toute chose semble célébrer son apparition. Au fur et à mesure qu’il s’élève droit dans le ciel, tout ce qui paraissait en train de mourir renaît à la vie.

Dieu dit :

-        Femmes ! Jusqu’ici vous n’avez connu que des moments pénibles dans la nuit des temps. Maintenant, il va falloir vous mettre en route pour aller au Paradis. Des anges veilleront sur vous tout au long du chemin ; d’autres vous recevront à votre arrivée. Pas de découragement, pas de gémissements, et surtout pas de défaillance ! J’ai été, je suis et je serai toujours Celui qui avertit. Aussi je vous annonce que des appartements somptueux et des bijoux d’une beauté incomparable vous seront distribués suivant l’ordre de votre arrivée. Les premières d’entre vous seront les mieux dotées ; elles auront la préséance en  toutes choses. Je vous rappelle que le Paradis est un séjour éternel… seules les plus insensées d’entre vous se laisseront devancer. Ainsi averties, partez, ô Femmes, à la recherche de votre bonheur.

Les femmes prirent la route. Leur longue cohorte s’étira et se mit à couler comme un bras de fleuve dont le cours va en s’étrécissant. Les plus vaillantes conduisaient la file. Les anges se mirent à chanter pour elles.

Au terme du troisième jour, les indolentes n’en pouvaient déjà plus. « A quoi bon envier la gloire des marcheuses ?  murmuraient-elles. Qui sait, au demeurant, le sort qui sera réservé aux premières arrivées ? Le Paradis est aussi vaste que l’ensemble des cieux. Les demeures sont aussi nombreuses que les grains de sable de tous les fleuves et de tous les rivages réunis. Pourquoi donc courir et faire perdre à nos cuisses leur merveilleuse rondeur ? Pourquoi suer et empuantir notre corps ? Allons doucement, mes sœurs, et conservons notre fraîcheur. Quand nous parviendrons au Paradis, il yy aura toujours une demeure pour chacune d’entre nous. Et même si les premières sont logées dans des pièces somptueuses, la marche forcée aura fait fondre leur chair. Leur aspect squelettique ternira la beauté de leurs demeures  et le brillant de leurs parures ».

Ayant ainsi parlé, les femmes indolentes se mirent à traîner le pas comme des canes trop grasses. Pour soutenir leur marche de caméléon fatigué, elles entonnèrent un chant :

Pourquoi nous presser, pourquoi nous lamenter ?

Pourquoi pousser des cris ? Oui, pourquoi ?

Qui va vers le Paradis

Ne va point vers une terre aride

Où l’hyène s’empare du cabri

Où le chat de brousse pille la basse-cour.

Paressons sur le chemin,

Interrogeons les tables des Cieux,

Nous saurons que la question énigmatique

« Qu’est-il arrivé ? »

A été posée à l’intention des femmes qui courent

Comme court une biche pour échapper au chasseur.

Trois jours après le départ des femmes, Dieu dit :

-        Voilà trois soirs et trois matins que les femmes sont en route. Lançons les mâles après elles.

Dieu fit venir alors l’ensemble des hommes. Il leur dit :

-        Il n’est pas bon qu’un mâle demeure sans femelle. Aussi ai-je créé à votre intention des compagnes. Elles sont déjà parties en direction du Paradis. Elles ont trois soirs et trois matins d’avance sur vous, mais je vais vous rendre trois fois plus vigoureux qu’elles et vous vous lancerez à leur poursuite. Chacune d’entre elles, ajouta Dieu, aura pour épouse la femme qu’il trouvera sur sa route, et il ne pourra en avoir qu’une. Ceux qui traîneront en chemin risquent de se trouver sans compagne. Ce sera tant pis pour eux. Je les condamnerai au célibat…

Les hommes prirent la route. Ils avançaient en chantant :

Chaque être a une origine,

Chaque métal a une mine,

Chaque fait a une cause.

Si Guéno, l’Eternel, nous met sur le chemin

Qui mène à nos épouses,

A cela il est une cause.

Celles qui seront nos femmes

Sont, dit-on, belles et bien faites.

Elles sont passionnées sans dévergondage

Et passionnantes sans perversion.

Elles mettront fin à leur peine

Qui enténèbre nos cœurs.

Allons, marchons avec vigueur vers le Paradis !

Nous y trouverons nos épouses,

Nous y vivrons dans la sagesse !

L’Intelligence divine s’y élève

Comme une montagne gigantesque

Dont on extrait des métaux précieux

Pour orner le front des vaillants et des sages.

Allons, marchons avec vigueur vers le Paradis ! …

Après quelques heures de trajet, les hommes se divisèrent en trois groupes :

Les Hammadi-Hammadi en tête,

Les Hammadi au milieu,

Les Haman-ndof à la queue.

Les femmes, elles aussi, s’étaient réparties en trois groupes :

Les Mantaldé en tête,

Les Santaldé au milieu,

Les Mantakapous à la queue.

Le groupe des Hammadi-Hammadi, composé d’hommes brillants, sages, entreprenants et courageux, tomba sur le groupe des Mantakapous, c’est-à-dire les dernières des femmes dans l’ordre de la gente féminine. Ignorant que les femmes supérieures étaient en avant, ils choisirent leurs épouses parmi les Mantakapous.

Les Hammadi, groupe des hommes moyens, tombèrent sur les Santaldé, femmes également moyennes quant à la valeur. Ils prirent leurs épouses parmi elles.

Pendant ce temps, les Mantaldé, femmes de grande valeur, avaient devancé leurs compagnes des deux premiers groupes et étaient déjà parvenus aux portes du Paradis. Des anges vinrent les saluer et leur présenter des souhaits de bienvenue. Quand elles voulurent franchir le seuil, les anges les arrêtèrent : « Pardon, Femmes, mais vous êtes encore des ‘moitiés’. Or une moitié est quelque chose d’incomplet, donc d’imparfait, et l’imparfait n’a pas de place au Paradis. Attendez que chacune d’entre vous ait  un mari pour se compléter. Alors vous entrerez par couples, c’est à  dire par unités humaines parfaites ».

Avant que les femmes soient revenues de leur surprise, les Hammadi-Hammadi se présentèrent, accompagnés de leurs épouses les Mantakapous. Les anges s’écrièrent : « Quel mystère ! Sont-ce celles-là que Dieu vous  a réservées pour compagnes ? »

Les Hammadi arrivèrent à leur tour, flanqués des Santaldé.

Enfin les Haman-ndof, les derniers des hommes, parvinrent aux portes du Paradis, les mains vides. Force fut aux femmes supérieures Mantaldé de se donner à eux pour pouvoir entrer dans le Séjour céleste.

Et voilà comment les premiers des hommes eurent en partage les dernières des femmes, et comment les premières des femmes tombèrent aux mains des derniers des hommes !

 

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