L’exécutif pourchasse les « sans dents »

Certaines tournures d’esprit me dépassent. Je n’arrive pas, notamment, à qualifier d’office les bénéficiaires d’aide sociale de « fainéants » ou de « fraudeurs ». Je ne comprends pas non plus que l’on casse le thermomètre en prétendant guérir la fièvre. L’exécutif en place n’a pas ses scrupules puisqu’il vient d’instaurer le contrôle renforcé des chômeurs en lieu et place d‘une vraie politique de l’emploi.
L’État crée du chômage
A ce jour, 6 millions de personnes, près de 20% de la population active ! Sont inscrites à Pôle Emploi. Ce fléau a certes de multiples causes, mais la politique économique et sociale poursuivie depuis 2012 en est responsable pour une large part, tant par des actions mal ciblées que par des orientations qui bloquent l’accès à l’emploi des nouvelles générations. Les actions mal ciblées sont, à mon sens, au nombre de trois. Les aides directes à l’embauche, comme les subventions aux structures employant des contrats aidés, permettent tout au mieux de placer quelques centaines de milliers de personnes en situation de travailleurs pauvres puis les renvoient à la case départ. Les aides indirectes, sous forme de réduction des cotisations sociales ou classement en zones à régime particulier (ZUS…), servent aux entreprises de moyen de trésorerie et de source de dividendes aux actionnaires. Les soutiens ponctuels, comme les subventions au maintien d’activité ou les pôles de reconversion, permettent tout au plus de soutenir quelques emplois mais sans créer de réelle dynamique dans les territoires sinistrés. D’autres décisions représentent elles des blocages à l’emploi de manière directe ou indirecte. Indirecte, lorsque le soutien à l’insertion professionnelle est impossible à effectuer. Pôle Emploi emploie 22 000 conseillers en tout et pour tout, soit 1 agent pour 275 chômeurs en moyenne : il faudrait 4 fois plus de personnes pour accompagner correctement les demandeurs d’emploi. Le mauvais ciblage et l’insuffisance des moyens attribués à la formation professionnelle et aux transports collectifs sont aussi des causes indirectes du chômage de masse. Enfin, les suppressions massives de postes de travail dans la Fonction Publique d’État depuis des années, l’allongement de la durée de cotisations et le recul de l‘âge légal de départ à la retraite crée mécaniquement du chômage. Un fonctionnaire non remplacé, c’est une autre personne qui reste sur le carreau, un travailleur obligé d’effectuer des années supplémentaires, c’est un jeune qui voit son intégration à l’entreprise retardé.
François Hollande remporte la palme du cynisme
Plutôt que d’infléchir ces orientations économiques néfastes à la réduction du chômage de masse, le gouvernement va charger deux cents personnes de radier les cuisiniers qui prendraient quelques semaines d’allocations entre deux CDD et les chômeurs de longue durée découragés par l’inanité de leurs recherches. A croire que François Hollande cherche à remporter la palme du cynisme, lui qui conditionne sa réélection à la baisse du chômage. Je vais finir par croire qu’il prend réellement les pauvres pour des « sans-dents », comme l’a rapportée son ex-compagne il y a quelques mois.
Le développement des sites de partage et de vente en ligne devait forcément attirer la convoitise de l’État : j’étais même surpris de ne rien lire ou voir à ce sujet. C’est désormais chose faite, puisque la commission des finances du Sénat vient de rendre un rapport prévoyant de taxer toutes celles et ceux d’entre nous qui louent leur logement via Airbnb, vendent des meubles ou des vêtements sur Le Bon Coin ou covoiturent en tant que conducteur via Blablacar. Certes, le document consultable par ce lien
De créativité, il en est aussi question chez Volkswagen. La révélation par une ONG américaine de l’existence d’un logiciel faussant les tests antipollution sur des millions de véhicules a d’ores et déjà causée de graves répercussions en termes d’image. La fière industrie allemande, qui pourvoit l’essentiel des devises du pays, a perdu brutalement son aura de vertu. Les dizaines de milliers de salariés du premier groupe automobile européen peuvent à présent trembler : avec les amendes qui devraient pleuvoir Outre-Atlantique, la chute de la capitalisation boursière et une probable contraction des ventes dans les années à venir, leurs emplois sont suspendus à une corde à 10 fils dont 9 ont déjà rompus.
Créativité enfin à Béziers, ville connue pour sa feria, son club de rugby et désormais son maire, Robert Menard, auprès duquel Jean-Marie Le Pen fait figure de modéré. Après avoir, entre autres, attribué une religion aux enfants des écoles en fonction de leur prénom, il s’est permis d’utiliser des migrants « pas bienvenus » lors d’une mise en scène nauséabonde ou il joue les gros bras, menaçant de les expulser en toute illégalité. A la suite de cette énième manifestation de haine raciale, un appel au président de la République a été lancé par plusieurs députés pour demander la révocation de cet édile indigne de la République : vous pouvez vous joindre à cet appel en signant la pétition via ce lien 
Ce procédé, connu depuis le 18ème siècle en Europe, consiste à inoculer une très faible dose d’agent infectieux dans un organisme vivant afin de stimuler dans celui-ci une réaction immunitaire naturelle qui le protègera durablement de la maladie. Le premier vaccin massivement utilisé fut le vaccin antivariolique. Cette maladie très contagieuse (il suffisait de respirer le même air qu’un malade pour l’attraper) provoquait des pustules qui couvraient tout le corps. Une personne sur 3 en mourait, les survivants conservaient des séquelles à vie. L’on peut citer ce virus à l’imparfait, grâce au vaccin. Une campagne mondiale de vaccination a en effet éradiquée totalement ce virus en moins de 20 ans (le dernier cas a été enregistré en 1977).


