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L'actu avec recul

Archive pour septembre, 2015

L’exécutif pourchasse les « sans dents »

Posté : 30 septembre, 2015 @ 2:06 dans Politique, Social | Pas de commentaires »

L’exécutif  pourchasse les « sans dents »  dans Politique couronne_en_zirconeom2

Certaines tournures d’esprit me dépassent. Je n’arrive pas, notamment, à qualifier d’office les bénéficiaires d’aide sociale de « fainéants » ou de « fraudeurs ». Je ne comprends pas non plus que l’on casse le thermomètre en prétendant guérir la fièvre. L’exécutif en place n’a pas ses scrupules puisqu’il vient d’instaurer le contrôle renforcé des chômeurs en lieu et place d‘une vraie politique de l’emploi.

L’État crée du chômage

A ce jour, 6 millions de personnes, près de 20% de la population active ! Sont inscrites à Pôle Emploi. Ce fléau a certes de multiples causes, mais la politique économique et sociale poursuivie depuis 2012 en est responsable pour une large part, tant par des actions mal ciblées que par des orientations qui bloquent l’accès à l’emploi des nouvelles générations. Les actions mal ciblées sont, à mon sens, au nombre de trois. Les aides directes à l’embauche, comme les subventions aux structures employant des contrats aidés, permettent tout au mieux de placer quelques centaines de milliers de personnes en situation de travailleurs pauvres puis les renvoient à la case départ. Les aides indirectes, sous forme de réduction des cotisations sociales ou classement en zones à régime particulier (ZUS…), servent aux entreprises de moyen de trésorerie et de source de dividendes aux actionnaires. Les soutiens ponctuels, comme les subventions au maintien d’activité ou les pôles de reconversion, permettent tout au plus de soutenir quelques emplois mais sans créer de réelle dynamique dans les territoires sinistrés. D’autres décisions représentent elles des blocages à l’emploi de manière directe ou indirecte. Indirecte, lorsque le soutien à l’insertion professionnelle est impossible à effectuer. Pôle Emploi emploie 22 000 conseillers en tout et pour tout, soit 1 agent pour 275 chômeurs en moyenne : il faudrait 4 fois plus de personnes pour accompagner correctement les demandeurs d’emploi. Le mauvais ciblage et l’insuffisance des moyens attribués à la formation professionnelle et aux transports collectifs sont aussi des causes indirectes du chômage de masse. Enfin, les suppressions massives de postes de travail dans la Fonction Publique d’État depuis des années, l’allongement de la durée de cotisations et le recul de l‘âge légal de départ à la retraite crée mécaniquement du chômage. Un fonctionnaire non remplacé, c’est une autre personne qui reste sur le carreau, un travailleur obligé d’effectuer des années supplémentaires, c’est un jeune qui voit son intégration à l’entreprise retardé.

François Hollande remporte la palme du cynisme

Plutôt que d’infléchir ces orientations économiques néfastes à la réduction du chômage de masse, le gouvernement va charger deux cents personnes de radier les cuisiniers qui prendraient quelques semaines d’allocations entre deux CDD et les chômeurs de longue durée découragés par l’inanité de leurs recherches. A croire que François Hollande cherche à remporter la palme du cynisme, lui qui conditionne sa réélection à la baisse du chômage. Je vais finir par croire qu’il prend réellement les pauvres pour des « sans-dents », comme l’a rapportée son ex-compagne il y a quelques mois.

Créativité tous azimuts

Posté : 25 septembre, 2015 @ 2:35 dans Non classé | Pas de commentaires »

Créativité tous azimuts 1-0-taxes-150x150Le développement des sites de partage et de vente en ligne devait forcément attirer la convoitise de l’État : j’étais même surpris de ne rien lire ou voir à ce sujet. C’est désormais chose faite, puisque la commission des finances du Sénat vient de rendre un rapport prévoyant de taxer toutes celles et ceux d’entre nous qui louent leur logement via Airbnb, vendent des meubles ou des vêtements sur Le Bon Coin ou covoiturent en tant que conducteur via Blablacar. Certes, le document consultable par ce lien http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/redaction_multimedia/2015/2015-Documents_pdf/economie_collaborative_pour_une_fiscalite_simple_juste_et_efficace_.pdf prouve que les obstacles sont nombreux pour le législateur, mais j’ai confiance dans la créativité parlementaire…

 

soupapes AllemagneDe créativité, il en est aussi question chez Volkswagen. La révélation par une ONG américaine de l’existence d’un logiciel faussant les tests antipollution sur des millions de véhicules a d’ores et déjà causée de graves répercussions en termes d’image. La fière industrie allemande, qui pourvoit l’essentiel des devises du pays, a perdu brutalement son aura de vertu. Les dizaines de milliers de salariés du premier groupe automobile européen peuvent à présent trembler : avec les amendes qui devraient pleuvoir Outre-Atlantique, la chute de la capitalisation boursière et une probable contraction des ventes dans les années à venir, leurs emplois sont suspendus à une corde à 10 fils dont 9 ont déjà rompus.

 

 économieCréativité encore de la part d’Emmanuel Macron. Si, à  l’inverse de Volkswagen, il a le mérite de la franchise, ses propos sur les jeunes et les fonctionnaires « Les jeunes ne veulent plus être fonctionnaires, ils veulent créer des start-up » méritent la palme de la stupidité. Qu’attend-il pour s’y mettre lui-même, jeter aux orties son statut actuel (il est membre de l’Inspection Générale des Finances) et son ministère par la même occasion ?

 

menard-400 emmanuel macronCréativité enfin à Béziers, ville connue pour sa feria, son club de rugby et désormais son maire, Robert Menard, auprès duquel Jean-Marie Le Pen fait figure de modéré. Après avoir, entre autres, attribué une religion aux enfants des écoles en fonction de leur prénom, il s’est permis d’utiliser des migrants « pas bienvenus » lors d’une mise en scène nauséabonde ou il joue les gros bras, menaçant de les expulser en toute illégalité. A la suite de cette énième manifestation de haine raciale, un appel au président de la République a été lancé par plusieurs députés pour demander la révocation de cet édile indigne de la République : vous pouvez vous joindre à cet appel en signant la  pétition via ce lien https://www.powerfoule.org/campaigns/r%C3%A9fugi%C3%A9s/menard/demandons-la-r%C3%A9vocation-de-robert-m%C3%A9nard

Vigipirate, la paranoïa à la française

Posté : 22 septembre, 2015 @ 4:43 dans Politique, Société | Pas de commentaires »

Vigipirate, la paranoïa à la française dans Politique logo-vigipirate-alratt

Vendredi dernier, le journal l’Est Républicain rapportait qu’un TER a été retenu en gare d’Épinal car un sac de sport semblait abandonné. C’est le branle-bas de combat : patrouille policière, évacuation des voyageurs, éloignement de la rame « suspecte », intervention d’une équipe de démineurs. Le sac contenait en tout et pour tout une paire de baskets et un short.

Samedi, le cirque continue sa tournée. Toujours selon ce même journal, un contrôleur découvre un sac non étiqueté dans un TGV circulant entre Metz et Montpellier. Rebelote : évacuation des passagers, intervention des démineurs, découverte de vêtements et de chaussures même pas piégés. Un troisième acte aura lieu l’après-midi, lorsque des passagères d’un autre TGV (Nice-Metz cette fois) crièrent au loup contre deux autres bagages. Pour rien encore une fois.

Dimanche, Paris connaîtra une crise d’angoisse à la Tour Eiffel, fermée au public en raison d’une tentative d’intrusion non prouvée à ce jour.

Le point commun de ces faits divers se nomme paranoïa, cette maladie bien française qui sévit depuis près de 20 ans, portée par un virus anxiogène, Vigipirate.

 Vigipirate ou l’art de conditionner les esprits

 Apparu en 1978, Vigipirate était une simple instruction interministérielle visant à organiser un dispositif d’alerte auprès des autorités administratives et chefs d’établissements en cas de menaces terroristes imminentes. A compter de 1995, le plan est devenu permanent. Il comprend près de 300 mesures, dont nombre d’entre elles pèsent sur le citoyen. Parmi celles-ci, l’interdiction de stationner devant les écoles, le remplacement des poubelles fermées par des sacs transparents, les messages anxiogènes diffusées par la SNCF et la RATP toutes les demi-heures et les gardes ou patrouilles militaires autour de certains lieux, synagogues, mosquées, stades, gares, trains, assorties parfois de contrôles des personnes sans besoin de justification (en clair, au faciès). Nous subissons ce régime depuis 20 ans à présent ; rien de surprenant donc si des esprits fragiles se mettent à psychoter.

 Les menaces réelles ou supposées sont régulièrement instrumentalisées

 Il ne s’agit pas de nier la réalité du terrorisme. Les bombes qui ont explosé à Saint-Michel et les avions qui se sont abattus sur les tours du World Trade Center ont hélas existé. Cependant, il faut bien constater que la France est peu touchée par les attentats. Certes, le début d’année a été tragique (Charlie Hebdo, le restaurant casher et l’imprimerie de Dammartin en Goële) mais rien de comparable avec les années 1986 et suivantes (Champs-Elysées, rue de Rennes, Préfecture de Paris, Brigade de Répression du Banditisme, sans compter l’assassinat de Georges Besse alors PDG de Renault). Les bonnes âmes pourraient estimer que cette relative tranquillité est due à Vigipirate, mais qu’en est-il réellement ? Nul ne le sait, tout du moins le grand public. S’il est régulièrement fait état d’attentats déjoués par les politiques, aucune preuve tangible n’a étayé leurs dires.

De là à penser que Vigipirate est principalement mis en œuvre à des fins politiciennes, il n’y a qu’un pas aisément franchissable.

 La droite est championne pour crier au loup

 Par tradition, la droite française place les thèmes sécuritaires au cœur des campagnes électorales. Jacques Chirac, en fin manœuvrier, se fit réélire en promettant une lutte sans merci contre le terrorisme et la délinquance en 2002, bien aidé il est vrai par le contexte de l’époque et par des médias complaisants voire racoleurs. Son nouveau premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, débutera ses fonctions en prorogeant le plan Vigipirate renforcé décidé par Lionel Jospin après le 11 septembre 2001. Par la suite, le plan Vigipirate sera porté au niveau rouge à de nombreuses reprises jusqu’à la défaite de la droite en 2012.

 Mais le retour de la gauche ne change pas la donne

 Après son élection, François Hollande sembla se désintéresser de Vigipirate, tout du moins jusqu’au déclenchement de l’opération Serval au Mali. Il dut prendre goût au joujou à cette occasion puisque le dispositif fut de nouveau déclenché pour tout et n’importe quoi, notamment contre des manifestants anti-corrida en 2014 ! Lors des attentas du mois de janvier, Vigipirate a été porté au niveau maximal et il l’est toujours. Est-ce vraiment utile, ou s’agit-il du ralliement aux bonnes vieilles pratiques chiraquiennes ? Toujours est-il que les fausses alertes ont de beaux jours devant elles.

Le refus de vaccination met gravement en danger la société

Posté : 20 septembre, 2015 @ 12:13 dans Santé | Pas de commentaires »

Un communiqué de l’Organisation Mondiale de la Santé http://www.who.int/csr/don/01-september-2015-polio/en/ devrait servir de piqûre de rappel (sans mauvais jeu de mots) auprès de toutes celles et ceux qui par mode, convictions pseudo-scientifiques déplacées ou craintes irrationnelles fondées sur de très rares cas d’effets secondaires. Refuser de se faire vacciner, pis, refuser que leurs enfants le soient, met gravement en danger leur santé mais aussi celle de toute la société.

Qu’est-ce que la vaccination ? A quoi sert-elle ?

Le refus de vaccination met gravement en danger la société dans Santé vaccin-Fotolia_44037904_Subscription_XXLCe procédé, connu depuis le 18ème siècle en Europe, consiste à inoculer une très faible dose d’agent infectieux dans un organisme vivant afin de stimuler dans celui-ci une réaction immunitaire naturelle qui le protègera durablement de la maladie. Le premier vaccin massivement utilisé fut le vaccin antivariolique. Cette maladie très contagieuse (il suffisait de respirer le même air qu’un malade pour l’attraper) provoquait des pustules qui couvraient tout le corps. Une personne sur 3 en mourait, les survivants conservaient des séquelles à vie. L’on peut citer ce virus à l’imparfait, grâce au vaccin. Une campagne mondiale de vaccination a en effet éradiquée totalement ce virus en moins de 20 ans (le dernier cas a été enregistré en 1977).

A l’instar de la variole, cette technique médicale préventive a principalement été développée à l’encontre de maladies incurables  et dont ll n’existe pas, ou peu, de traitements curatifs probants. La plupart d’entre elles ont été synonymes autrefois d’épidémies massives : tétanos, diphtérie, coqueluche, rougeole, grippe, tuberculose, poliomyélite, oreillons, rubéole, fièvre jaune, hépatite B, la liste est longue et en constante évolution. Aujourd’hui encore, de nombreuses vies pourraient être épargnées si l’on arrivait à concevoir un vaccin efficace contre le VIH ou de l’hépatite C ; et seule la mise au point et la commercialisation, en un temps record, d’un vaccin contre la fièvre Ebola a pu enrayer l’épidémie qui a touché l’Afrique de l’Ouest entre 2013 et cette année.

Pour être efficace, la couverture vaccinale se doit d’être maximale

semaine_vaccination_une-570x280 contagion dans Santé

Le communiqué de l’OMS cité en introduction devrait, effectivement, faire froid dans le dos. Il rapporte qu’en juillet et août 2015, en Europe, deux enfants ont été victimes du poliovirus, autrement dits victimes de la poliomyélite. Cette horreur, qui frappe essentiellement les enfants de 1 à 5 ans, infecte le système nerveux central et provoque une paralysie plus ou moins importante des membres inférieurs. Non contente de commettre ces méfaits, elle ressurgit à l’âge adulte sous le nom de Syndrome Post-Polio, qui provoque douleurs articulaires insoutenables, atrophie musculaire et respiratoire, perte de la mobilité des membres inférieurs et supérieurs. Mais, alors qu’une campagne similaire à celle menée contre la variole a réduit de 99% le nombre de nouveaux cas dans le monde entre 1988 et 2012, l’insuffisance de la couverture vaccinale en Ukraine depuis 2008 a permis le retour de cet agent infectieux et de son cortège de souffrances innommables auprès de ces deux petits âgés respectivement de 4 ans et 10 mois. D’autres pays, tel la Syrie, connaissent aussi une résurgence de cette terrible maladie.

Face à de tels enjeux, les caprices ne sont pas de mise

une_souche_de_vaccin_resistantes_de_la_poliomyelite_a_surgi_thumb maladieIl n’est certes pas agréable de voir son enfant être piqué (et pleurer en conséquence) par un infirmier ou un médecin, ni de devoir se soumettre à un calendrier de vaccination contraignant y compris à l’âge adulte. L’incompétence d’une ministre de la Santé dans les années 2000, qui s’était engagée dans une croisade vaccinale contre un virus somme toute très peu actif (H1N1) a contribué aussi à déconsidérer ce geste de prévention auprès de la population. Mais cet épiphénomène ou les désagréments cités plus haut ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt. Une femme enceinte atteinte de la rubéole durant sa grossesse mettra au monde un enfant malformé. En 2000, la rougeole tuait encore 700 000 personnes dans le monde. L’épidémie de grippe de 1918, dite « espagnole » a fait 20 millions de victimes. Enfin, 55 000 personnes en France supportent encore les conséquences d’une poliomyélite contractée dans leur enfance.

Même si, à mon sens, la liberté est la première valeur et le plus beau trésor de l’humanité, certains comportements comme le refus de se faire vacciner ne peuvent être tolérés. En l’occurrence, le danger que court la société est tel qu’elle se doit d’imposer des règles strictes en la matière et de sanctionner sévèrement les individus qui prétendraient s’y soustraire.

Addenda : 3 vaccinations sont obligatoires en France, diphtérie, tétanos et poliomyélite, auxquelles s’ajoute la fièvre jaune en Guyane. Elles doivent être tenues à  jour tout au long de la vie (un rappel tous les 10 ans à l’âge adulte). L’exercice de certaines professions médicales comporte des exigences plus importantes en la matière. D’autres vaccins, comme la coqueluche, la rubéole, le BCG, la méningite C ou la grippe sont fortement recommandés à toute ou partie de la population (la rubéole en cas de grossesse, le BCG en Ile de France ou à Mayotte par exemple). Le refus de vaccination est passible de six mois d’emprisonnement et 3 750€ d’amende (art L3116-4 du Code de la Santé Publique).

La Hongrie, une nation européenne en pleine dérive

Posté : 15 septembre, 2015 @ 4:30 dans Europe, Société | Pas de commentaires »

La vidéo mise en ligne vendredi montrant des policiers jetant de la nourriture à des réfugiés parqués dans des champs à Roszke, ville hongroise frontalière de la Serbie, symbolise la dérive de ce pays membre de l’Union Européenne et signataire des conventions internationales garantissant un traitement digne des êtres humains.

Un premier ministre adepte du brun version Pétain

2010. La Hongrie, premier pays à se soulever contre l’Union Soviétique puis à ouvrir le rideau de fer en 1989 renouvelle les membres de son Assemblée Nationale. Le Fidesz, parti d’obédience libérale lors de sa fondation, obtient 268 députés sur 386, soit plus des deux-tiers des sièges en jeu. Le fondateur et toujours leader de cette formation politique, Viktor Orban, devint alors premier ministre. L’individu, qui a déjà occupé ces fonctions dans les années 1990, profita de cette large victoire électorale pour montrer son vrai visage. L’ancien opposant au régime communiste met à bas les institutions héritées de la transition démocratique et fait adopter une nouvelle Loi Fondamentale que vous pouvez consulter en français via ce lien http://www.mfa.gov.hu/NR/rdonlyres/F6BFBA44-7B5A-496C-BF5C-CDE5830A3DD9/0/Loi_fondamental_de_la_Hongrie.pdf . Sa lecture fait frémir. Elle revendique de façon obsessionnelle ses racines chrétiennes, occulte toute une partie de l’histoire nationale (l’occupation ottomane et la période communiste) sans renier le régime pronazi de Miklos Horthy. Elle s’arroge le droit de « porter la responsabilité des Hongrois vivant hors des frontières du pays » et donc de s’ingérer dans les affaires de ses voisins (une importante minorité hongroise vit notamment en Slovaquie). Elle proclame les « valeurs » chères à Pétain, travail, famille, patrie, allant jusqu’à cristalliser des notions sociétales comme le mariage « union de vie fondée sur un engagement volontaire entre un homme et une femme », la famille étant considérée comme « base de la survie de la nation ». La dérive autoritaire est confirmée dès 2012 par l’adoption d’une loi répressive envers les médias, l’imposition de travaux d’intérêt général aux titulaires d’allocations sociales et le renvoi de milliers de fonctionnaires. Conforté lors des élections législatives de 2014, notamment grâce à une propagande aux accents populistes effrénés, il déclare aujourd’hui la guerre aux pauvres bougres qui fuient la guerre et les exactions du Proche et Moyen-Orient. Dès juin dernier, il fait construire un mur de 4m de haut, fait de fil barbelé et garni de lames de rasoir le long de la frontière avec la Serbie. Début septembre, il proclame l’état de nécessité qui permet à l’État de déroger aux dispositions légales et de recourir à l’armée contre les migrants.

La coupable indulgence de l’Europe

Alors qu’elles ont tout fait pour empêcher Syriza de gouverner en Grèce, les institutions européennes ne lèvent pas le petit doigt contre les atteintes aux droits de l’homme perpétrées par le pouvoir en Hongrie depuis cinq ans. Seuls quelques chefs de gouvernement ont condamné la construction du mur et le traitement réservé aux migrants là-bas, parfois de façon hypocrite compte tenu de ce qui se passe chez eux. Encore une fois, les dirigeants de l’Union Européenne ferment les yeux face à la faillite de la démocratie. Cette démocratie que les hongrois avaient durement gagné et qu’ils sont en train de perdre, entraînant dans leur bourbier brun des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants qui n’auraient jamais imaginé être traités pire que des chiens au bout de leur odyssée.

La Grèce a-t-elle un avenir ?

Posté : 12 septembre, 2015 @ 1:15 dans Europe, Politique | Pas de commentaires »

Le 20 septembre prochain, dans le pays qui a vu naître la démocratie, les citoyens sont conviés aux urnes pour la troisième fois de l’année. Si l’on en croit les sondages, ces élections seront marquées par une abstention massive : rien d’étonnant, après la défaite humiliante du gouvernement Tsipras face à la tyrannie de l’ex troïka. Peut-on pour autant blâmer le premier ministre sortant ?

Oui, car il a trahi la voix du peuple. Alors que, le 5 juillet, le « non » à l’austérité l’emportait à plus de 60%, il a signé huit jours plus tard un accord similaire à celui rejeté précédemment. Pas complètement, car il a bataillé durant plus de 6 mois pour défendre les intérêts de son pays dans un contexte de franche hostilité de la part des créanciers.

La Grèce a-t-elle un avenir ? dans Europe

Une nouvelle majorité peut-elle sortir des urnes ?

Rien n’est moins sûr. Les deux grands partis historiques, Pasok et Nouvelle Démocratie, ont été jugés responsables de la situation actuelle du pays. De nouvelles formations politiques, Syriza (coalition de la gauche radicale), To Potami (centre), Aube Dorée (extrême droite) ou encore ANEL (souverainistes) sont entrées en force au Parlement lors des dernières élections législatives. En janvier dernier, Syriza est ainsi devenue la première force politique du pays, sans pour autant obtenir la majorité absolue ; Tsipras dut ainsi gouverner avec ANEL, un peu comme si en France Jean-Luc Mélenchon s’était allié avec Nicolas Dupont-Aignan. La signature de l’accord du 13 juillet provoqua la démission de plusieurs ministres et la scission de 25 députés de Syriza, regroupés désormais sous la bannière Unité populaire (LAE). Le futur parlement risque donc d’être encore plus hétéroclite que le précédent : les derniers sondages prédisent un coude à coude serré entre Syriza et Nouvelle Démocratie, crédités chacun de 25% des voix, 7 autres partis se partageant les 50% restants. Une nouvelle coalition devrait donc voir le jour mais bien malin qui peut prévoir sa dominante politique et son degré d’allégeance face à l’Eurogroupe et au FMI.

La Grèce peut-elle sortir de la crise ?

A mon avis, non, quel que soit le résultat des élections. Outre le risque réel d’instabilité du prochain exécutif, la logique absurde des créanciers continuera à enfoncer le pays dans une récession sans fin. Les 86 milliards d’euros accordés sous réserve d’une nouvelle cure d’austérité ne serviront à rien tant que la dette du pays atteindra les 180% de son PIB. Seul un allègement significatif de celle-ci, couplée à l’échange d’informations interbancaires permettant de lutter efficacement contre la fraude fiscale, donnerait une chance au peuple grec de reprendre son destin en main. Au jour d’aujourd’hui, ces mesures, pourtant de simple bon sens, relèvent hélas du vœu pieux voire de l’utopie.

Ouibus ou l’apartheid officialisé à la SNCF

Posté : 9 septembre, 2015 @ 1:57 dans Social, Société | Pas de commentaires »

Ouibus ou l’apartheid officialisé à  la SNCF dans Social

Emmanuel Macron, ce ministre de l’économie qui aurait mieux fait de rester chez Rothschild et Cie, partage décidément le sens de la formule avec Guillaume Pepy, le nullissime patron de la SNCF. Quand le premier déclare que la libéralisation du transport par car va permettre aux pauvres de voyager plus facilement, le second qualifie les prix du TGV de simple « perception de cherté » ! Et crée des lignes de car low-cost sous la marque Ouibus. A ce stade, le terme « arrogance » ne suffit plus…

La négation du service public institutionnalisé par le pouvoir

Ces deux individus sont hélas représentatifs d‘une élite politique et économique déconnectée du sens du service public. Le service public, tout du moins en France, repose sur 3 principes : la continuité, c’est-à-dire la nécessité de répondre à l’intérêt général sans interruption, l’égalité, c’est-à-dire le droit égal à l’accès au service, et la mutabilité, c’est-à-dire l’adaptation des moyens du service à l’évolution de la société. Les juristes pourront certes objecter que l’égalité à l’accès du service n’exclut pas des différences tarifaires entre les usagers, mais dans ce cas précis il s’agit d’une différence de nature de service rendu : aux riches un moyen de transport rapide et confortable, le TGV, aux pauvres un service de diligences à peine amélioré, lent et peu pratique.

Retour vers le 19ème siècle

A l’époque de la révolution industrielle, le transport de voyageurs par le rail reflétait les inégalités décrites par Balzac ou Zola. Les compagnies privées avaient adopté un système de tarification à 3 classes différenciées par le prix du billet et le confort de la place attribuée. Sans compter que les trains les plus prestigieux tels que l’Orient Express comprenait exclusivement des wagons de 1ère voire de 2nde classe… Le 20ème siècle verra la disparition de la troisième classe (en 1956) puis quasiment de la 1ère dans les transports régionaux. Il faut croire cependant que les vieux démons ont la vie dure. Depuis 2004, un TGV pour les manants circule entre les gares périphériques d’Ile de France et une trentaine de destinations à des tarifs deux fois inférieurs aux TGV classiques mais au prix d’un entassement bétailler et d’un service plus que réduit. Ce retour à peine déguisé de la vieille classe à banquette en bois est désormais complété par ces navettes d’autobus vendues 5€ (pour l’instant) qui officialisent le triomphe des inégalités en matière de transport collectif.

D’autres solutions existent pourtant

Le plus abject dans cette histoire est la réalisation de ce qu’il faut bien appeler apartheid social par un pouvoir prétendument de gauche. Car, quoi qu’en dise le sinistre Pépy, les tarifs du TGV, en partie justifiés par les coûts d’exploitation des lignes, sont effectivement inabordables au commun des mortels. Mais, plutôt que de contourner ce problème par des substituts méprisants et rétrogrades (les bus roulent au gasoil, un comble alors que la transition énergétique s’impose à notre pays), il était possible d’affronter la question des prix sans remettre en cause la possibilité donnée aux entreprises privées de proposer des navettes routières interrégionales. La plus évidente consiste à transférer le coût des infrastructures ferroviaires des usagers aux contribuables. L’usager de la route, hors autoroutes concédées, paie uniquement le coût d’utilisation de son véhicule ; l’entretien du réseau est à la charge de l’État et des collectivités locales. Un tel régime adapté au transport ferroviaire abaisserait mécaniquement d’un tiers le prix du billet. Une autre option diminuerait le coût de maintenance du réseau et des rames TGV sans mettre en péril la sécurité des voyageurs : augmenter légèrement le temps de trajet, de l’ordre d’un quart d’heure sur un trajet de deux. Il serait aussi envisageable de rentabiliser les lignes à grande vitesse, du moins celles qui ne sont pas saturées, en faisant circuler des trains de marchandises à longue distance.  Cela aurait de surcroît l’avantage d’éviter la traversée de grandes agglomérations par des substances dangereuses, produits chimiques, gaz ou déchets nucléaires. Enfin, supprimer la réservation obligatoire dans les TGV, totalement inutile, ferait gagner de nombreux euros aux voyageurs et à l’entreprise.

apartheid1 car dans Société

Et si réfléchir à ces questions est trop difficile pour le PDG de Ouibus, il peut toujours rebaptiser sa société Séparation ou Milner, du nom du haut commissaire d’Afrique du Sud qui mit en place la ségrégation économique dans son pays.

A deux ans des présidentielles, y a-t-il un avenir pour la gauche en France ?

Posté : 3 septembre, 2015 @ 11:11 dans Politique | Pas de commentaires »

Les sondages ne font pas l’élection. Il n’empêche qu’à deux ans des présidentielles, le désaveu constant des candidats potentiels issus du parti socialiste pose la question de l’avenir de cette formation politique. Les autres formations politiques se réclamant peu ou prou du socialisme n’emportant pas davantage l’adhésion des français, on peut légitimement parier sur une défaite historique de la gauche en 2017.

Tout avait pourtant si bien commencé… à l’été 2012, la gauche tous partis confondus détenait les deux assemblées législatives, 21 régions sur 22, plus de 60 départements et toutes les grandes villes exception faite de Marseille. Une telle concentration des pouvoirs donnait au nouveau gouvernement une liberté d’action inédite sous la Cinquième République.

En cet automne 2015, la désillusion n’en est que plus cruelle. Dès le début du quinquennat, l’exécutif s’est montré d’une faiblesse sidérale, au point de rappeler un précédent calamiteux remontant à la fin des années 1980. A l’époque, l’Assemblée Nationale issue des élections de 1988 ne disposait pas d’une majorité claire, le parti communiste (déjà) ayant refusé d’entrer de soutenir la majorité relative détenue alors  par le parti socialiste et les radicaux de gauche. François Mitterrand avait alors nommé un premier ministre falot et sans expérience, Michel Rocard, à la sensibilité plus proche de la social-démocratie à l’allemande que du socialisme à la française. La comparaison avec les deux premiers ministres successifs du quinquennat Hollande est saisissante, tant Jean-Marc Ayrault présente le charisme d’un légume et Manuel Valls des convictions habituellement classées à droite. Ce n’est pas tout : les ministres en charge des finances et de l’économie en 2012, Michel Sapin et Pierre Moscovici, ont aussi été membres des gouvernements Rocard et suivants. Ce sont d’ailleurs ces hommes qui ont négocié le calamiteux traité de Maastricht, à l’origine de la débâcle, pour ne pas dire la destruction, de la formidable idée d’Union Européenne telle que la concevait Jean Monnet. Comment alors, in fine, s’étonner de l’impuissance de cet exécutif à régler les grandes questions nationales (chômage, pauvreté) et européennes (crise de la dette, accueil des réfugiés) ? Le verdict des électeurs ne peut donc être indulgent. Le Français soutient celui qui se bat, même s’il perd, mais ne pardonne pas à  celui qui se couche sans combattre.

Résultat, les élections municipales, départementales, sénatoriales et européennes ont été autant de gifles pour la gauche dans son ensemble, et les régionales qui se profilent devraient être du même tonneau. Et, sauf retournement de situation, 2017 verra le retour de la droite au pouvoir. Sauf si…

1) Le gouvernement traduit dans les faits le discours du Bourget, revient sur les calamiteux CICE et pacte de responsabilité et engage pour de bon le rééquilibrage entre la fiscalité directe et indirecte.

2) Fait preuve de davantage de courage face à l’hégémonie de la troïka. Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des finances grec, mais aussi Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, ont témoigné de la veulerie des représentants français face aux monstres à sang-froid, Commission Européenne, Banque Centrale Européenne, Fonds Monétaire International, qui font crever l’Europe au nom de l’orthodoxie budgétaire

3) Le parti socialiste crée une dynamique de gauche et encourage l’émergence de nouvelles têtes. Nombreux sont les femmes et les hommes de talent qui refusent de s’encarter dans ce parti moisi et préfèrent s’engager dans des mouvements comme Nouvelle Donne, dans le monde associatif, ou nulle part faute d’avoir trouvé chaussure à leur pied. Leur ouvrir la porte, écouter leurs idées et leur donner la possibilité de traduire leurs convictions sur le terrain est la seule possibilité, à mon sens, d’espérer que la Gauche ait un avenir dans notre pays.

 

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