Lors de ses vœux à la jeunesse, François Hollande annonce son embrigadement et le retour du service national
Décidément, il n’y a rien de bon à attendre de ce président. Après avoir instauré l’état policier et foulé aux pieds le vivre-ensemble, il tente maintenant de dénaturer la Constitution en reprenant un concept d’extrême-droite, la déchéance de nationalité. Comme si cela ne suffisait pas, le voilà qui annonce, certes de manière ambigüe, le rétablissement du service national !
Pour ceux d’entre vous qui ont moins de 40 ans, rappelons que tous les jeunes hommes de 18 ans se voyaient obligés de sacrifier 10 mois de leur vie et de jouer au petit soldat pour 500 francs par mois, quitte à sacrifier leurs études, mettre entre parenthèses leur recherche d’emploi, etc. La suppression de la conscription, bien qu’effectuée par un président de droite (Jacques Chirac, en 1996) avait chagriné les réactionnaires de tout poil, nostalgiques d’une corvée qu’ils paraient alors de vertus d’engagement, de solidarité et de cohésion sociale. Soit précisément le discours entendu ce lundi.
L’aboutissement d’un processus initié dix ans plus tôt
Les réacs n’ont jamais baissé les bras et, en 2006, la conscription faisait son retour via le service civil volontaire. Le dispositif eut peu de succès, mais dès 2010 l’UMPS* créait le service civique. De nombreux jeunes y postulèrent, faute de mieux : dans ce pays où un quart d’entre eux ne trouvent pas d’emploi et ne peuvent prétendre au RSA, c’est un moyen de toucher un peu d’argent, une misère certes : 573€ par mois, la moitié du SMIC ! Mais une petite assurance de ne pas crever de faim ou de froid si par malheur papa/maman ne peuvent, ou ne veulent, les nourrir ou les loger. Est-ce faute de meilleure idée ou signe de sa conversion aux thèses les plus rétrogrades, le président de la République a dès le début du quinquennat misé sur ce biais, jusqu’à annoncer la « généralisation » du Service Civique lors de ses vœux du 31 décembre 2015.
L’embrigadement généralisé

Lors de son discours du 11 janvier, François Hollande dit vouloir débloquer 700M€ en 2016 pour le Service Civique, soit un triplement du budget par rapport à l’année passée, transformer l’Agence en Haut Commissariat à l’Engagement, rattaché au Premier Ministre et non plus à la Défense. Surtout, il prévoit tout un train de mesures visant à embrigader les enfants et rendre obligatoire cette corvée faussement patriotique. Cela commence à l’école primaire où les enfants se verront infliger un « enseignement moral et civique » étalé jusqu’en Troisième. Cerise sur le gâteau, cet « enseignement » fera partie des « compétences » à valider au brevet ! En prime, à l’âge de 16 ans, chaque jeune se verra remettre un « livret citoyen » relatant les divers engagements qu’il serait susceptible de prendre d’ici ses 25 ans. Le président ne précise pas de quels engagements il s’agit, gageons toutefois que les manifestations lycéennes et autres actes de contestation n’en feront pas partie ! Pourtant, nombre de ministres ou députés actuels se sont fait connaître dans ce genre d’occasion… Ce n’est pas fini : François Hollande veut aussi allonger la Journée de Défense et de Citoyenneté pour « l’enrichir », essentiellement pour faire de la retape sur le Service Civique. Pour ceux qui ne seraient pas convaincus par ce matraquage, il veut intégrer le Service Civique dans les formations en alternance et les études supérieures. Et là, nul ne pourra y échapper, car ce « Service » figurera parmi les matières soumises à validation des diplômes…. Si l’on ajoute à tout cela sa volonté d’enrôler la moitié d’une classe d’âge dès 2020, la création de quotas obligatoires dans les administrations, hôpitaux et autres services publics et le renforcement de la Réserve Citoyenne, pendant civil de la Réserve de la Défense nationale, c’est bien à un embrigadement généralisé que le Président veut soumettre la jeunesse de France. Comme à la bonne époque, en somme.
*Le service civique a été porté par la majorité de l’époque (UMP) et piloté par Martin Hirsch, haut fonctionnaire de gauche débauché au titre de l’ « ouverture » qui a réintégré depuis le giron du PS

